Prime exceptionnelle : quel gain grâce aux exonérations ?

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Les entreprises vont pouvoir verser jusqu’à 1.000 euros de primes ne supportant ni cotisations, ni impôt. Une source d’économies importantes pour les entreprises et les salariés.

Reuters

Jusqu’à 1.000 euros. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a précisé les limites de la prime exceptionnelle évoquée en début de semaine par Emmanuel Macron. Pour mémoire, le président de la République a appelé lundi les entreprises à verser des primes exceptionnelles à leurs salariés. Et pour les inciter à agir, il a promis une exonération de cotisations mais aussi d’impôt. Pour les intéressés l’effet sera loin d’être négligeable.

Impact à effort égal

Imaginons qu’une entreprise souhaite consacrer 1.000 euros à la rémunération d’un salarié. En temps normal, elle règle des cotisations patronales et verse à son salarié un salaire brut bien inférieur à 1.000 euros. Celui-ci doit à son tour payer des cotisations avant de percevoir son salaire net.

Le niveau des cotisations dépend de plusieurs paramètres (montant perçu, conventions…). Mais d’une manière générale, on peut estimer que les cotisations (patronales et salariales) représentent près de 80% du net perçu ou 45% du coût total pour l’entreprise.

Ainsi sur 1.000 euros consacrés à un salarié, les cotisations avoisinent les 445 euros et le salariés ne reçoit « que » 555 euros nets. S’il est imposé, ce salarié doit en outre payer un surplus d’impôt: 70 euros s’il est dans la tranche à 14%, 150 euros s’il est dans la tranche à 30%. Son revenu net de fiscalité peut donc tomber jusqu’à 405 euros.

Ainsi, selon sa situation, un salarié ne reçoit réellement qu’entre 40% et 55% du montant dépensé par l’entreprise.

Avec l’exonération annoncée, les salariés recevront 100% de la dépense de l’entreprise. Dans le cas d’un budget individuel de 1.000 euros, les salariés obtiendront donc 1.000 euros nets (au lieu de 405 euros à 555 euros selon le cadre habituel).

Impact à versement égal

On peut également analyser la situation sous un autre angle : celui d’une entreprise qui souhaite verser à ses salariés un montant net prédéfini, par exemple 500 euros.

Habituellement, une telle prime coûte environ 900 euros. L’entreprise paie 275 euros de cotisations patronales et verse 625 euros bruts à son salarié qui règle à son tour 125 euros de cotisations et perçoit ainsi 500 euros nets.

Cette année, une entreprise voulant accorder 500 euros nets à un salarié ne dépensera que 500 euros.

Commentaires (6)
  • odya65
    odya65posté le 14.12.2018 à 15:21

    c'est nul et nous les fonctionnaires on a droit a rien et déjà nos payes sont dérisoires

  • gc_n1
    gc_n1posté le 14.12.2018 à 15:05

    chacun verra, à travers ces chiffres, que le fruit du travail rémunére autant la "collectivité" que le travailleur, et pour les revenus supérieurs bien plus...
    est ce vraiment justifiable ?
    le "collecteur "se gardera bien de nous dire pourquoi une telle inefficacite
    et chacun pensera que ce n est qu un petit mal pour un grand bien
    soyons bisounours et engraissons le mammouth avide !!!

  • gc_n1
    gc_n1posté le 14.12.2018 à 14:53

    instaurer des prélèvements supérieurs pour des services publics inférieurs montre de façon flagrante l inefficacité de nos dirigeants et le cercle vicieux engendré par plus de prélèvements, et moins d activité économique (et donc moins de collecte...et donc des taux plus élevés, etc)

  • gc_n1
    gc_n1posté le 14.12.2018 à 14:46

    article utile car il montre que le travail ne rémunére pas vu les charges et taxes du salarié
    et ensuite que l employeur ne peut pas être compétitif vu des taux aussi élevés de charges
    bref les taxes et impôts paralysent (du moins anesthésient) l emploi salarié dans le secteur privé (concurrentiel cad non monopolistique)
    nos gouvernants et autres fonctionnaires s' evertueront inlassablement à ne pas comprendre, jusqu au syndrome grec (au mieux).
    Donc la gabegie des utilisateurs de l argent public continuera sans jamais de remise en question d un système ego centré aveugle et suicidaire

  • Latuiliere20001
    Latuiliere20001posté le 14.12.2018 à 12:30

    Pendant ce temps les hôpitaux se dégradent par manque de fonds. La sécurité sociale perd des ressources. Bravo Macron!

  • frane34
    frane34posté le 14.12.2018 à 13:42

    consommation boustée = emplois = cotisations