Le compte Nickel sera-t-il vraiment moins cher ?

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Présenté comme innovant avec une distribution dans les bureaux de tabac, le compte Nickel promet des tarifs très compétitifs par rapport aux réseaux bancaires classiques

Reuters

Présenté il y a quelques jours, le compte Nickel doit être disponible dès le début de l'année prochaine. Destiné à ceux qui veulent fuir les banques classiques ainsi qu'aux exclus du système, son originalité résidera dans son réseau de distribution : les bureaux de tabac.

Un coût annuel de 50 euros

La Financière des paiements électroniques (son promoteur) promet ainsi des tarifs transparents et compétitifs avec notamment une carte à 20 euros par an. Le détail des tarifs est encore à l'étude mais l'objectif est d'aboutir à une tarification annuelle voisine de 50 euros.

Si le tarif est alléchant sur le papier, le service devrait tout de même rester également low cost. Du moins pour sa partie comprise dans le forfait carte. Les retraits et dépôts d'espèces seront en effet payants. Quant à l'absence annoncée d'agios et de frais d'intervention, elle provient tout simplement du fait que la FPE n'octroiera ni découvert, ni crédit.

Un écart du simple au triple ?

Le communiqué de présentation annonce en contrepartie un tarif annuel correspondant au tiers du coût moyen de la banque en France. Si l'on en croît la dernière étude CLCV-Mieux vivre votre argent, l'écart serait même plus large puisqu'un consommateur moyen a une facture annuelle de 215 euros.

En matière de tarifs bancaires, les études peuvent toutefois être largement discutées tant le résultat dépend du profil de client et des services utilisés. Si l'on regarde par exemple le seul prix de la carte, un produit à autorisation systématique (a priori plus proche des besoins des clients visés par la FPE), est par exemple facturé entre 14 euros et 39 euros dans les réseaux classiques, avec une moyenne de 26,30 euros selon la CLCV.

Des banques classiques parfois bon marché

Pour analyser le compte Nickel dans son ensemble, mieux vaut en tout cas se baser sur ce que la CLCV nomme le petit consommateur, c'est-à-dire celui qui n'utilise que les services de base et dans des proportions limitées. Or sur cette base, les tarifs des réseaux classiques sont déjà bien plus réduits. Pour les banques en dur, ils oscillent entre 35,60 euros et 92,40 euros selon les établissements avec une moyenne de 64 euros.

L'écart avec les 50 euros visés par le compte Nickel devient donc ici moins important. Notons enfin que d'après l'étude la CLCV, les banques en ligne facturent à ce petit consommateur entre 0 et 46 euros par an, avec une moyenne d'un peu plus de 23 euros.

Si le compte Nickel pourra avoir à l'évidence un caractère attractif pour les interdits bancaires, les autres clients auront probablement intérêt à comparer les tarifs détaillés dès qu'ils seront connus.

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