Banques privées : êtes-vous un client "éligible" ?

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Ces dernières années, les banques ont démocratisé leurs services haut de gamme, aidées par de vraies stratégies marketing

Etre reçu au sein d'un bureau à l'ambiance feutrée plutôt que dans le vacarme impersonnel d'une agence bancaire... Bénéficier de conseils personnalisés plutôt que de se voir offrir des produits-type... Beaucoup de clients en rêvent ! Mais quelles conditions faut-il au juste remplir pour accéder au monde la banque privée ?

Si le niveau de revenus ou le potentiel du client peuvent être des critères, la sélection se fait avant tout par le patrimoine disponible. Pour cela, le milieu bancaire dispose de segmentations selon le patrimoine financier (donc hors résidence principale). S'il est habituel de penser que les portes des banques privées s'ouvrent au-delà du million d'euros (ou du million de dollars selon le pays), les banques ont ces dernières années élargi leurs services haut de gamme à d'autres clients.

150.000 euros au minimum

C'est ainsi qu'elles se sont pour certaines focalisées sur la clientèle " mass affluent ", c'est-à-dire le haut du panier des clients habituels de la banque de détail. Constituée notamment de cadres, d'entrepreneurs ou de professions libérales, sa définition varie d'un établissement à l'autre. Mais généralement son point d'entrée se situe autour de 150.000 euros et il faut au moins 250.000 à 300.000 euros pour intégrer la classe supérieure.

En tout cas, chaque banque fixe ses propres limites. HSBC Private Banking et BNP Paribas Wealth Management vont par exemple être plus regardant sur l'éligibilité des candidats à la banque privée (de l'ordre de 500.000 euros à 1 million d'euros d'actifs), tandis que les Caisses d'Epargne, Les Banques Populaires, La Banque Postale ou LCL offre des services orientés clientèle " mass affluent " dès 150.000 euros d'avoirs, note Eric Vernhes, associé du cabinet de conseil Aurexia.

Des services proportionnés au patrimoine

D'ailleurs, le terme de banque privée est souvent mal interprété et peut-être confondu avec la gestion patrimoniale. En dessous de 150.000 euros, poursuit Eric Vernhes, il ne s'agit souvent que de gestion patrimoniale basée sur une offre de produits relativement standardisés (gestion sous mandat OPCVM, assurance vie et quelques produits de défiscalisation). Les banques privées ou patrimoniales adossées aux banques de réseau ont mis en place de véritables stratégies marketing visant à transformer leur clients particuliers " mass affluent " à fort potentiel, des efforts restant à faire avec le croisement des bases de données de clients entreprises. Elles ont aussi travaillé sur leur image en croisant les valeurs des banques de dépôt (proximité, sécurité, caractère rassurant) à celles véhiculées par la gestion privée (exclusivité, réactivité, reconnaissance).

Pour simplifier, plus le patrimoine est élevé, plus le client a droit à un traitement personnalisé avec des solutions sur mesure. Cela tient aux moyens mis à disposition. En agence par exemple, un conseiller gère 400 à 500 clients, tandis qu'un conseiller privé classique est limité à 150-200 clients. Quant aux spécialistes de la gestion de fortune (au-delà de 1,5 million d'euros), ils se limitent à une cinquantaine de clients et peuvent donc s'impliquer beaucoup plus auprès de chacun.

Des stratégies différentes en régions

Le maillage du territoire peut aussi influencer la stratégie des banques. Comme le souligne Eric Vernhes, la Banque Privée 1818 (Groupe BPCE) n'a certes qu'un bureau à Paris orienté gestion de fortune mais des Banques Populaires ou des Caisses d'Epargne travaillent au niveau régional en synergies avec l'activité B2B de Banque Privée 1818. Ce modèle hybride assure un maillage conséquent du territoire et permet de toucher tous les segments de clients, depuis la gestion patrimoniale jusqu'à la gestion de fortune. On peut aussi citer SG Private Banking initialement présent à Paris et qui s'est implanté dans 9 régions entre 2008 et 2012. "

Pour tous ceux qui disposent de moins de 150.000 euros de patrimoine financier, ce monde demeure bien entendu inaccessible. Mais ceux dont le patrimoine dépasse les 50.000 euros peuvent tout de même se rassurer. Ils entrent dans la catégorie " high end retail ", c'est-à-dire la partie aisée de la clientèle de banque de détail, et peuvent à ce titre prétendre à un traitement amélioré au sein de leur agence.

Commentaires (9)
  • yves204
    yves204posté le 26.12.2012 à 19:21

    On vous propose le service vip, au bout de 12 ans de gestion déléguée : 30 % de moins value et on vous dit gentiment que la banque a une obligation de moyens mais pas de résultat. Comme votre patrimoine a fondu, vous ne pouvez plus prérendre au service donc , deémerdez vous tout seul
    Cette triste mésaventure m'est réellement arrive
    Méfiez vous des banques et voyez votre assureur avec des fonds en euro c'est plus sur

  • ultimanecat
    ultimanecatposté le 22.12.2012 à 16:07

    lorsque je m'approche d'une banque,
    - les sirènes semettent à hurler,
    - les portes severouillent toutes seules
    - la police débarque
    - les vigiles forment une barrière humaine
    - le personnel et l direction, s'agenouillent et prient (pas le veau d'or) le dieu de leur enfance

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    quant je m'adresse à un DAB, la réponse est cinglante " fout le camp, il y a plus de fric "

    voilà ce que sont devenues mes relation avec l'argent et le monde de la finance

    d'un triste !!!!!!

  • Kicéca, le Créateur d'Alpha
    Kicéca, le Créateur d'Alphaposté le 20.12.2012 à 14:56

    Hormis pour quelques grandes fortunes c'est avant tout une belle brosse à reluire que l'on sert a quelques gogos a l'égo surdimmensionné pour leur piquer un max de pognon.

  • Bear
    Bearposté le 20.12.2012 à 14:20

    Deux réflexions :

    1) Je ne comprends pas pourquoi Warren répond à Suetone, étant donné qu'ils ne sont qu'un ;

    2) Ces banques élitistes sont d'enfumants époustoufleurs. Le Crédit suisse, pour ce qui le concerne, envoie des représentants chez vous et ne vous méprise pas sous prétexte que vous n'êtes pas multimilliardaire...

  • Suetone
    Suetoneposté le 20.12.2012 à 13:14

    Après ça, il ne lui restait plus que 38 petits milliards, le pauvre, et il était passé de la première à la troisième place mondiale.

  • Suetone
    Suetoneposté le 20.12.2012 à 12:30

    Début 2009 j'ai été contacté par un de ces organismes qui se proposait de faire mon bonheur malgré moi. Le type n'arrivait pas à comprendre comment il se faisait que j'aie perdu de l'argent sur mon portefeuille. J'ai été obligé de lui expliquer que je n'étais pas le seul et que, proportionnellement, Warren Buffett avait perdu bien plus que moi. Bien sûr, dans l'absolu c'est pire : Buffett a perdu 27 milliards de dollars dans la crise de 2008-2009.

  • Warren Bouffi
    Warren Bouffiposté le 20.12.2012 à 12:33

    pff, 27 milliards? j'ai perdu bien plus que ça

  • theseus
    theseusposté le 20.12.2012 à 12:07

    En tant que #bull# oui, en tant que #bear# non :)

  • Warren Bouffi
    Warren Bouffiposté le 20.12.2012 à 12:01

    est ce que la performance des banques privées est à la hauteur de leur élitisme ? ça m'étonnerait