Réforme des retraites : report surprise après la trêve des confiseurs

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Emmanuel Macron a annoncé lundi que la présentation de la réforme des retraites, prévue le 15 décembre, était reportée au 10 janvier, lors d'un discours en ouverture d'une session plénière du Conseil national de la refondation (CNR), à l'Elysée.

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L’annonce est une surprise - alors que l'exécutif avait confirmé à plusieurs reprises que son projet serait bien dévoilé le 15 : dans son discours d'ouverture d'une session du Conseil national de la refondation, ce lundi 12 janvier, le président de la République a déclaré que la présentation de la réforme des retraites était finalement reportée au 10 janvier 2023.

Emmanuel Macron justifie ce report en raison de la tenue des élections professionnelles début décembre qui « ont empêché certaines discussions avec des organisations syndicales », et d’autre part, le fait que « certaines formations politiques ont changé de dirigeants ces derniers jours », faisant référence aux Républicains, dont la présidence a été remportée dimanche par Eric Ciotti, ainsi qu’à EELV, qui ont élu samedi Marine Tondelier à leur tête, et à LFI, dont le député Manuel Bompard prendra les rênes dans quelques jours.

L'actualité politique de ces derniers jours s'est avérée en effet relativement chargée. Au sein de l'opposition LFI, le passage de flambeau provoque de vives tensions.

Mais ces bouleversements sont aussi un bon prétexte pour reporter la poursuite des négociations avec les syndicats après les fêtes de fin d'année, qui s'annoncent déjà socialement tendues, avec le dépôt d'un préavis de grève de SUD-Rail à la SNCF pour le premier week-end de départ (15-19 décembre).

Petit décalage de calendrier

La Première ministre devrait rencontrer les présidents des groupes parlementaires mardi et mercredi, avant de recevoir à nouveau les partenaires sociaux la semaine du 2 janvier, a indiqué Matignon à nos confrères de franceinfo.

Un décalage de calendrier qui ne devrait cependant pas reporter l'arrivée du texte au parlement en janvier, ni son entrée en vigueur l'été prochain, a assuré une source gouvernementale aux Echos.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, fera un nouveau "point" sur le dossier, dans le courant de la semaine.

La dernière phase de concertation avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites est rentrée dans le dur il y a une dizaine de jours. Cette dernière étape, qui concerne l’équilibre financier du système, aborde l’épineuse question du report de l’âge de départ – scénario auquel les syndicats sont fermement opposés et sur lequel le gouvernement peine à trouver le soutien nécessaire.

Sa feuille de route "officielle" est de reporter cet âge progressivement, à partir de l’été prochain, jusqu’à 65 ans. En octobre, le président de la République avait déclaré que ce report de l’âge légal pouvait éventuellement être limité à 64 ans, à la condition d’allonger en parallèle la durée des cotisations.

Vers un passage en force ?

D’après le sénateur Renaissance, François Patriat, invité de Public Sénat, ce lundi 12 décembre, dans le cas d’un « durcissement des oppositions », la réforme pourrait être adoptée via un projet de loi de finances rectificatives, qui permettrait ainsi au gouvernement de passer en force en utilisant le 49.3.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pour sa part déclaré sur France Inter, dimanche, qu’il était «parfaitement démocratique d’utiliser cet outil », mais qu’elle n’excluait pas que le texte sur la réforme puisse obtenir les compromis nécessaires au vote d’un texte de loi spécifique.

« Je suis favorable à un rallongement de l'âge de départ. Nous verrons s'il faut le rallonger jusqu'à 64 ou 65 ans, en fonction de l'appréciation globale et des discussions », a-t-elle également déclaré.

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