Réforme des retraites : les sénateurs républicains tendent la main au gouvernement

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Ce texte du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), retenu par la commission des Affaires sociales du Sénat, permet à l'exécutif d'espérer le soutien crucial des LR pour faire passer sa réforme des retraites.

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Alors que le projet de loi de Finances débutera son examen au Sénat la semaine prochaine, le dossier de la réforme des retraites devrait rapidement reprendre le devant de la scène médiatique.

Crucial pour espérer passer son texte, qui doit être présenté avant la fin de l’année, le soutien des Républicains au gouvernement semble se dessiner par la voie du Sénat : la commission des affaires sociales de la Chambre Haute a adopté un amendement sur le sujet dans le cadre de l’examen du PLFSS, ont annoncé sa présidente LR Catherine Deroche, et la rapporteure du texte, Elisabeth Doineau, lors d’une conférence de presse.

Un main tendue du Sénat à une alliance sur la réforme des retraites

L’amendement du sénateur René-Paul Savary est à interpréter comme une main tendue à la recherche d’un compromis avec l’exécutif. Son introduction n’est pas une surprise : le président du Sénat, Gérard Larcher, avait fait savoir en septembre que le Palais du Luxembourg profiterait de l’examen du PLFSS pour participer au débat sur la réforme des retraites.

Dans "l’esprit" du projet du président de la République – qui s’est déclaré « ouvert » à un report de l’âge légal de la retraite à 64 ans sous réserve d’un allongement de la durée de cotisation – le texte propose une piste intermédiaire, qui porte l’espoir d’un front commun entre le gouvernement et l’opposition de droite sur ce dossier brûlant.

Un report de l'âge légal de 3 mois par an

Il est défendu un rallongement de l’âge légal de départ de trois mois chaque année, à partir du 1er juillet 2023, à compter de la génération née en 1966 pour atteindre progressivement 64 ans à partir de la génération 1967. Aucun relèvement du nombre d’anuités pour la retraite à taux plein n’est prévu, mais une accélération du calendrier de la loi Touraine pour qu’elle soit finalisée avec la génération 1973.

La proposition est présentée comme supplétive, avec priorité laissée au dialogue. Ces mesures sont justifiées par le « vieillissement démographique » et « des choix de société », a souligné Elisabeth Doineau. Des problématiques pour lesquelles il est préconisé d’organiser une « convention national pour l’emploi des seniors et la sauvegarde du système de retraites », les deux chevaux de bataille du président de la République dans l’objectif de cette réforme.

Cette convention, qui compterait la participation des partenaires sociaux, de l’Etat mais aussi d’associations et de « personnalités qualifiées », prévoirait à l’agenda le maintien dans l’emploi des seniors, l’égalité professionnelle femme homme, la pénibilité… autant de sous-thématiques également chères à Emmanuel Macron.

Le gouvernement prêt "à faire évoluer les paramètres"

« Il y a sur le papier au Sénat comme à l’Assemblée une majorité pour adopter une réforme des retraites qui va dans le sens d’un recul de l’âge de départ à la retraite. La majorité la soutiendra bien sûr, et les LR ont quant à eux fait campagne sur ce sujet », a réagi le ministre des Comptes publics à ces travaux dans les colonnes des Echos.

Gabriel Attal a déclaré que le gouvernement « était prêt à faire évoluer les paramètres, mais en restant dans [la] philosophie » du projet du président de la République de reculer l’âge de départ de 4 mois par an à partir de l’été prochain.

Et si aucune coalition "structurelle" des LR avec la majorité ne semble toujours pas espérée, le ministre compte bien saisir l’occasion d’une alliance sur le sujet de la réforme des retraites : « On peut et on doit trouver des alliances sur quelques textes », a-t-il souligné.

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