Réforme des retraites : les concertations sur l’âge légal de départ débutent jeudi

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Le gouvernement attaque demain la partie la plus délicate de la concertation avec les partenaires sociaux : l'équilibre financier du système des retraites.

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Les concertations du gouvernement avec les partenaires sociaux sur l’épineux dossier de la réforme des retraites vont rentrer dans le dur jeudi : après deux cycles de concertations sur des thématiques plutôt "consensuelles" (pénibilité, équité et justice sociale), les discussions sur le troisième volet de la réforme – celui de l’équilibre financier du système des retraites – seront beaucoup plus houleuses, puisqu’elles s’attaqueront à la principale anicroche des ambitions du gouvernement : le recul de l’âge de départ en retraite, et l’augmentation de la durée des cotisations.

La feuille de route officielle du gouvernement reste un départ à 65 ans

A l’aune de ce bras de fer, le gouvernement reste sur sa position officielle : celle, souhaitée initialement par le président de la République, de faire passer l’âge légal de départ à 65 ans (à raison d’un recul progressif de quatre mois par an jusqu’à 2031), a répété mardi le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, en nuançant toutefois : « cela ne veut pas dire que la concertation ne sera pas utile et qu’elle ne peut pas faire changer les choses ».

En d’autres termes, la "concession" qu’Emmanuel Macron s’est déclaré prêt à faire, lors de son intervention sur France 2 le 26 octobre, de porter cet âge légal à 64 ans en contrepartie d’un allongement de la durée des cotisations, serait bien sur les rails. Même si, à ce stade, l’exécutif n’a pas encore dévoilé son jeu...

Calendrier inchangé

Pour l’heure, seul le calendrier de la réforme a été confirmé. Ce mardi, M. Véran a assuré que les contours de la réforme seraient connus d’ici la mi-décembre, tandis que la Première ministre, a évoqué devant les députés de la majorité des annonces « avant Noël » et un texte présenté en Conseil des ministres « en début d’année prochaine ».

L’exécutif se prépare donc à entrer en zone de turbulences sociales : du côté des syndicats (CGT, CFDT), à gauche et au Rassemblement national, tout recul de l’âge de départ en retraite est acté comme une fin de non-recevoir ; une concertation intersyndicale est programmée la semaine prochaine pour organiser la riposte, dans la rue, à la présentation du texte en janvier.

Côté Renaissance et à droite, les violons doivent par ailleurs encore s’accorder pour s'assurer du soutien nécessaire au sein d'une Assemblée nationale sans majorité absolue : à date, les avis sont partagés sur les contours exacts de la réforme.

Horizons pousse à 65 ans, Les Républicains ont fait par la voie du Sénat un appel du pied à l’option 64 ans/rallongement de la durée de cotisations, tandis que les ailes centristes et "gauche" de Renaissance attendent des efforts sur le volet "social" de la réforme, tel que celui de la pension de retraite minimum à environ 85% du Smic.

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