Pouvoir d’achat, retraites, impôts : l’antagonisme Macron-Le Pen

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La candidate du RN a bâti sa campagne sur le pouvoir d’achat. Le président sortant sur l’éducation et la réforme des retraites. Le match est serré. Pour draguer le vote populiste, Macron va-t-il tenter un va-tout social ?

Reuters

Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle ont placé en tête Emmanuel Macron et Marine Le Pen qui repartent aujourd’hui en campagne pour leur second duel.

Comparé à 2017, les deux finalistes défendent toujours deux projets irréconciliables pour la France, avec des propositions antithétiques en conséquence, dont nous rappelons ci-dessous les grandes lignes en matière de budget, de finances personnelles et d’impôt.

Dans un contexte très singulier – la reprise post-pandémie, la guerre en Ukraine, l’inflation, l’effondrement des partis historiques (LR, PS) – une entrée en campagne très tardive pour le président sortant, et un match qui s’annonce très serré, il est loin d’être exclu que les deux candidats réservent d’autres annonces surprise d’ici au 24 avril…

Le pouvoir d’achat

C’est incontestablement le point fort politique de Marine Le Pen. La candidate du RN, qui s’est « déchargé » des traditionnels sujets de l’immigration et de la sécurité avec la concurrence d’Eric Zemmour dès le début de la campagne, a axé très tôt ses propositions sur « la protection du pouvoir d’achat des Français ».

Sa mesure phare : baisser la TVA à 5,5% sur les prix de l’énergie. Elle propose aussi de la passer à zéro sur une centaine de produits de première nécessité en vertu d’un dispositif provisoire qui serait enclenché « à chaque fois que l’inflation sera d’un point supérieur à la croissance », une mesure inapplicable en pratique sans le feu vert de l’Union européenne. La redevance audiovisuelle serait aussi supprimée.

Emmanuel Macron propose pour sa part la poursuite des mesures déjà engagées à la fin de son quinquennat, notamment le bouclier tarifaire qui s’applique sur les prix du gaz et de l’électricité. Le président-candidat a complété son « offre » en reprenant l’idée de la suppression de la redevance audiovisuelle. Il prévoit aussi le triplement de la prime défiscalisée (6.000€) – dont on rappellera que le versement reste à l’entière discrétion des employeurs – complétée d’autres propositions annexes, comme la location mensuelle d’une voiture propres à 100€.

La retraite

La candidate du RN souhaite abaisser l’âge légal pour permettre à celles et ceux rentrés tôt sur le marché du travail à partir à la retraite à 60 ans, tandis que son rival entend au contraire augmenter progressivement cet âge de départ à 65 ans.

Chacun de ces projets comporte ses nuances : chez Marine Le Pen, les cotisations nécessaires pour bénéficier de sa retraite à taux plein pourront atteindre jusqu’à 42 annuités. Chez Emmanuel Macron, les carrières longues, la pénibilité du travail et les situations d’invalidité seront prises en compte dans le calcul des cotisations. Le président sortant souhaite en particulier réviser le cadre du cumul de l’emploi et de la retraite afin qu’il soit plus avantageux.

Pour contrebalancer l’impopularité de ce projet de recul de l’âge légal de départ en retraite, il a promis l’instauration de la pension minimale à 1.100€ pour une carrière complète (contre 1.000€ chez Le Pen), et, plus récemment, d’indexer le montant des pensions sur le niveau de l’inflation, a fait savoir jeudi dernier Bruno Le Maire. Une mesure que l’on retrouve aussi chez Marine Le Pen.

Les impôts

Après la suppression de la taxe d’habitation, la révision des barèmes de l’IR, l’instauration de la flat tax sur les revenus financiers, le remplacement de l’ISF par l’impôt sur la fortune immobilière… exit donc la taxe télé. Sur le plan de l’impôt sur le revenu, le président sortant propose par ailleurs d’ouvrir la déclaration commune aux concubins. Quant aux autres efforts d’allègement fiscal, le candidat Macron souhaite les davantage sur les entreprises avec la baisse des impôts de production.

Un allègement que prévoit aussi Le Pen, qui propose par ailleurs, côté ménages, de rétablir la demi-part fiscale des veufs et des veuves, d’accorder une part fiscale complète dès le 2e enfant, et surtout de supprimer l’impôt sur le revenu des moins de 30 ans. Un projet inconstitutionnel en l’état car contraire au principe d’égalité devant l’impôt.

Les droits de succession

Les deux adversaires proposent un allègement significatif de l’impôt sur la mort.

Actuellement de 100.000€, l’abattement sur les successions en ligne directe (entre parents et enfants) serait porté à 150.000€ et, surtout, bénéficierait aux enfants des conjoints, promet Macron.

Le Pen irait un peu plus loin dans l’allègement en raccourcissant le délai des abattements pour les enfants à 10 ans, au lieu de 15 ans aujourd’hui, en créant une exonération spécifique sur la transmission des biens immobiliers pour un montant maximal de 300.000 €, et en alignant l’abattement de 100.000€ parents-enfants pour les grands-parents vers les petits-enfants (31.865 € aujourd’hui).

Commentaires (2)
  • ARGOLO
    ARGOLOposté le 11.04.2022 à 13:01

    LFI drague Macron pour les législatives

  • vezede
    vezedeposté le 11.04.2022 à 10:25

    Mais c'est pourtant plié! Macron est plébiscité par les insoumis plus traitres que jamais.

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