Paiements : Bercy veut développer l'utilisation des cartes bancaires

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Michel Sapin annonce qu’il souhaite faire baisser les commissions payées par les commerçants afin qu’ils n’imposent plus de seuils de paiement par carte

Reuters

Bercy accélère. Fin mai, le ministre des Finances avait dit vouloir prendre des mesures pour faciliter le recours aux cartes bancaires, principalement en incitant les commerçants à ne plus imposer de montant minimal pour payer avec une carte.

Moins de deux semaines plus tard, Michel Sapin vient de dévoiler ses pistes de travail. Dans un entretien aux Echos, il indique vouloir supprimer la part fixe de la commission interbancaire de paiement et diviser par deux les commissions minimales supportées par les commerçants. Des éléments repris également dans un communiqué.

Des frais négociables mais parfois élevés

C’est en effet par le montant des frais que beaucoup de professionnels justifient les seuils de paiement par carte. Lorsqu’un commerçant encaisse un paiement par carte, sa banque lui prélève des frais pour le traitement de l’opération (généralement entre 0,5% et 0,8% pour un petit commerce).

Une partie de ce montant sert à couvrir la commission versée par la banque du commerçant à la banque du client (qu’on appelle la CIP et dont le barème est encadré). Le reste correspond à la marge de la banque du commerçant pour couvrir ses propres coûts.

Les frais réglés par le commerçant à sa banque sont bien entendu négociables. Mais les petits établissements sans grand pouvoir de négociation peuvent avoir à supporter des frais assez lourds sur les paiements par carte. De surcroît, il existe parfois un montant forfaitaire plancher (de quelques dizaines de centimes, voire de 1 euro dans certains cas), susceptible d’amputer l’essentiel de la marge du commerçant sur les petits achats.

Les Français aiment leur carte

C’est donc en faisant baisser ces frais que Bercy espère inciter les professionnels à accepter la carte pour les achats de faible montant.

Pour appuyer son propos, l’exécutif met d’ailleurs en avant un sondage commandé à CSA. Il indique par exemple que la carte reste le moyen de paiement favori de 67% des Français pour les montants inférieurs à 50 euros. Et en dessous de 10 euros, ils sont encore 14% à privilégier la carte.

Un moyen de limiter la fraude ?

Bercy axe donc son discours sur sa volonté de simplifier la vie des consommateurs en leur permettant d’utiliser plus massivement leur carte bancaire. D’autant que Michel Sapin annonce en parallèle que tous les terminaux accepteront le paiement sans contact en 2020 (la moitié dès 2016).

Mais on peut aussi penser que l’exécutif poursuit un deuxième objectif au travers de ces mesures. Limiter le recours aux espèces devrait permettre de réduire sensiblement les possibilités de fraude fiscale chez certains commerçants.

Commentaires (1)
  • theodorum
    theodorumposté le 02.06.2015 à 14:53

    Voilà le genre d'actions dont ce gouvernement est capable: l'autorité de l' État peut peut-être y arriver, mais ce n'est pas à la hauteur de ce qu'il devrait faire, contre le chômage, par exemple.
    C'est comme l'impôt sur le revenu à la source, il y a plus urgent !
    Tout cela fait diversion même si ça peut suffire pour être réélu, vu l'ignorance crasse du peuple en matière d' Économie.
    On a les dirigeants que la Pensée Unique et les médias, soucieux de ne pas déplaire, même si l'intérêt général est en jeu, nous ont concoctés !