Louer plutôt qu'acheter, un mode de consommation encore peu utilisé

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Accessible à un nombre croissant de produits de consommation, comme l’électroménager, les téléphones, et les équipements multimédia, la location longue durée gagne du terrain, mais n'est pas encore totalement ancrée dans les habitudes des Français.

Reuters

Du sèche-linge à la télévision, en passant par un sac à mains griffé, un smartphone, une robe de soirée ou une tondeuse... il est aujourd'hui possible de louer la grande majorité de nos produits de consommation courante plutôt que de les acheter.

Longtemps réservée aux voitures, la location longue durée (LLD) s'est imposée ces dix dernières années à un nombre croissant d'équipements. Par l'intermédiaire de la grande distribution, l'offre de produits accessibles s'est considérablement développée.

Cette économie "de l'usage" a le vent en poupe, mais elle reste loin d'avoir convaincu tous les consommateurs : d’après une enquête OpinionWay pour Sofinscope, une grande majorité de Français n’y ont encore jamais eu recours, seulement 16% des sondés déclarant avoir au moins une fois loué un bien de consommation.

La LLD privilégiée pour le jardinage

Sans surprise, certains types de produits se prêtent davantage à la LLD que d’autres : 69% des personnes en ayant déjà fait l’usage ont emprunté des équipements pour la maison – au premier rang desquels les produits de jardinage et de bricolage, suivis de l’informatique (smartphones, tablettes, PC).

Près d’une sur deux a aussi loué des vêtements, en particulier pour les grandes occasions (robes de mariées, smoking…), voire pour le sport (vêtements de ski, de plongée…). Enfin, un quart déclare avoir loué des affaires pour les enfants.

Si la LLD n’a pour l’instant séduit qu’une minorité de ménages, près d’une personne sur deux déclare qu’elle privilégierait à l’avenir la location plutôt que l’achat pour les produits de jardinage et de bricolage. En revanche, l’intérêt est moins prononcé pour le mobilier, l’électroménager, l’high tech ou les accessoires de luxe, la location ne convaincant que 20% ou moins des interrogés.

La ténacité du sentiment de propriété

Pour les consommateurs, l’atout numéro un de la location est celui de répondre à un besoin ponctuel (36%). Son principal frein reste le "sentiment" de propriété : 38% des personnes préfèrent posséder un équipement, pour la liberté d’usage que cela procure.

Le coût de la LDD est le deuxième frein invoqué par les sondés, un tiers considérant que cette option est plus onéreuse que l’achat. Mais la raison financière est aussi un argument invoqué a contrario par les personnes préférant la location à l’achat (17%) , l’intérêt économique de l’opération dépendant bien sûr du type de produit concerné, et surtout de sa fréquence d'utilisation.

Une forme de crédit peu encadrée

Enfin, il faut aussi souligner que 8% des personnes se déclarent intéressées par la LLD car elles n’ont pas les moyens d’acheter. L’exposition des consommateurs financièrement fragiles à cette forme de "crédit" est d’ailleurs surveillée de près par la Cour des Comptes.

Dans son dernier rapport annuel, elle soulignait que ces formules peuvent s’avérer particulièrement risquées pour ces catégories de ménages dans la mesure où la LLD échappe au cadre réglementaire des crédits à la consommation, et leur sont donc plus facilement accessibles.

Présentés par les enseignes « comme des alternatives au paiement comptant », ces contrats sont beaucoup moins protecteurs pour les consommateurs, notamment en cas de résiliation anticipée.

Des conditions générales souvent abusives

Selon la Cour, les conditions de résiliation pratiquées par les distributeurs sont peu flexibles, voire abusives : « Les conditions générales de quatre enseignes de la grande distribution pratiquant la location longue durée, consultées par la Cour en juillet 2020, prévoient certes la possibilité de résiliation anticipée mais celle-ci est assortie du paiement de l’intégralité des mensualités dues jusqu’au terme du contrat initial. Les exemptions sont peu nombreuses et ne couvrent généralement pas les principaux accidents de la vie (perte d’emploi, maladie, invalidité…) ».

S'il souhaite terminer son engagement avant le terme prévu, le client est donc redevable du paiement de l’intégralité des mensualités prévues par le contrat ! Or, en dépit de ces risques, les obligations qui incombent aux distributeurs pour s’assurer de la solvabilité des emprunteurs sont beaucoup moins exigeantes que celles du crédit à la consommation.

Vers un cadre légal plus restrictif ?

La Cour des Comptes a également épinglé le manque d’informations fournies en amont pour permettre aux consommateurs un choix éclairé entre l’option de la LLD avec l’achat, ainsi que des frais abusifs imposés par les distributeurs en cas de défaillance de paiement du client.

A la réception du rapport, le ministre de l’Economie avait déclaré que des travaux seraient cette année engagés pour « identifier les modalités possibles d’évolution du dispositif », afin que son cadre juridique se rapproche de celui des prêts à la consommation, davantage protecteur.

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