La hausse des prix des travaux est restée limitée en 2021 par rapport à celle des matériaux

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Le coût des prestations de travaux d'entretien-rénovation a crû de 4,5% en un an alors que celui des matériaux des artisans a bondi de 18%. Les prix de l'énergie et les difficultés d'approvisionnement pourraient saler la note en 2022.

Reuters

D’après une enquête de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) menée auprès de 1.700 entreprises au 4e trimestre 2021, la profession a enregistré une hausse des prix de ses matériaux de 18% sur un an, mais en a fortement limité l’impact sur les factures des clients.

Forte hausse des coûts pour les métiers de la menuiserie

Constatée auprès de l’ensemble des corps de métiers, l’inflation annuelle du prix des matériaux atteint des niveaux variables selon les spécialités : en toute logique, l’augmentation la plus forte des coûts de ces fournitures est enregistrée en menuiserie (23%), pénalisée par la flambée des prix du bois d’œuvre et de l’acier, suivie de la maçonnerie (19%), tandis que l’électricité, l’aménagement et la couverture-plomberie-chauffage connaissent des hausses plus contenues, de 15% à 16% environ.

Des répercussions limitées sur les factures des clients

Selon l'enquête de la Capeb, 55% des entreprises n’auraient toutefois pas répercuté la hausse de ces coûts sur celui de leurs prestations, en choisissant plutôt de rogner sur leurs marges. Dans l’aménagement et la maçonnerie, elles sont même plus de 63% à ne pas avoir répercuté l'inflation du prix des matériaux. Et pour les 45% ayant choisi d’augmenter leurs tarifs, la part de la hausse répercutée reste en moyenne limitée à un tiers de celle subie.

Le constat de la Capeb se reflète d’ailleurs dans la dernière note de conjoncture du secteur, établie à partir des données de l’Insee et du ministère de l’Environnement, de l’énergie et de la mer.

A la fin du 3e trimestre 2021, la hausse moyenne du prix des travaux d’entretien et d’amélioration des logements reste "limitée" à +4,5% sur un an, et concerne l'écrasante majorité des spécialités.

Elle est la plus élevée dans les travaux de couverture (+8,2 % sur un an après +5,7 % les douze mois précédents) et de menuiserie (+8 % après +6,3 %).

Les autres corps de métier enregistrent les hausses suivantes :

  • Autres travaux de construction spécialisés : +4,4% (sur un an, T32021/T32020 après +3,7% sur les douze mois précédents) ;
  • Installation électrique : +4,1% après +3,1% ;
  • Peinture et vitrerie +3,2% après +3,1% ;
  • Plomberie, chauffage, conditionnement d’air : +3% après +2,6% ;
  • Revêtements des sols et des murs : +2,9% après +1,9% ;
  • Plâtrerie / +4% après +4,9%.

En revanche, la baisse des prix dans les autres travaux d’installation (ascenseurs, portes automatiques, stores et bannes, clôtures et grillages…) s’accentue : -1,5 % sur un an après -0,9 %.

Quid des prix de l'énergie ?

Alors que les cours de certaines matières premières, comme le bois, ont commencé à baisser à la fin de l’année 2021, les devis et factures de travaux de ces prochains mois restent exposés à une potentielle nouvelle hausse des prix en 2022. En cause : la forte inflation de ceux de l’énergie.

Difficile à évaluer dans le coût des prestations puisqu’incluse dans celui des fournitures des négociants, celle-ci devrait in fine continuer à augmenter le prix des matériaux.

Difficultés d'approvisionnement

Autre source de potentielle d'inflation des factures : les difficultés d’approvisionnement des artisans restent très fortes. La Capeb note que celles-ci se sont même accentuées au cours du dernier semestre.

En décembre, 60% des entreprises interrogées par la Confédération ont déclaré connaître de telles difficultés, contre 53% en juillet 2021, une tendance observée au sein de l’ensemble des métiers. A date, « les entreprises n’ont aucune visibilité sur les délais de livraison et le prix de beaucoup de matériaux », rapporte-t-on à la Capeb.

Face à ces problèmes d’approvisionnement, les chantiers connaissent des retards ponctuels (46,5%) quand ils ne sont tout simplement pas reportés (20,9%). Ces situations amènent aussi les entreprises à changer de distributeur (16,3%) ou de produits (16,3%), ce qui peut logiquement impacter le coût final des prestations.

Ainsi, un "retour à la normale" à la logistique des chantiers ne semble pas se dessiner dans les prochains mois. Dans de nombreux cas de figures, il faudra prendre son mal en patience pour ses projets de travaux tout en gardant en tête que les prix des devis sont susceptibles d’évoluer.

La filière de l'artisanat renoue avec son niveau d'avant-crise

Du côté de la reprise de l’activité en revanche, le constat est plus positif pour la filière. Plombée en 2020 par la crise (-9%), la croissance annuelle de l’artisanat du bâtiment enregistre une croissance annuelle de 12,5% en 2021, retrouvant ses niveaux d’avant-crise (+3,5%).

Principalement portée par l’entretien-amélioration, l’activité a été particulièrement forte du côté des travaux de performance énergétique, en progression de 16% par rapport à 2020 et de 4,5% par rapport à 2019.

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