Inflation : les ménages français ont déjà modifié "significativement" leurs habitudes de consommation

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Les habitudes de consommation de la majorité des ménages français ont déjà changé depuis plusieurs mois. Les postes énergie et consommation quotidienne sont les plus concernés.

Boursier.com

Les Français n’ont pas attendu la présentation du plan sobriété du gouvernement pour réduire leur consommation énergétique, révèle ce mardi une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) relayée dans Le Parisien.

D’après cette enquête, 65% des ménages ont déjà changé « significativement » leurs habitudes de consommation depuis plusieurs mois – alors que les prix du gaz et de l’électricité sont contenus par la mise en place du bouclier énergétique depuis octobre 2021. Touchés par la hausse générale des prix en parallèle, les Français ont tenté de limiter leurs frais de déplacements, de chauffage et d’alimentation.

Signal prix

Des efforts qui indiquent au gouvernement que pour atteindre son objectif de réduction de la consommation de 10% pour les deux prochaines années, « seuls 3% seront réalisés grâce aux gestes de sobriété. Les 7% restants se feront grâce au signal « prix », c’est-à-dire à la diminution forcée de la consommation du simple fait de l’envolée des tarifs », relaient nos confrères.

Essentiellement concentrée sur les prix de l’énergie au premier semestre, l’inflation française s’est répandue cet été plus largement sur l’ensemble des biens et services, en particulier sur l’alimentation, pénalisée par les conséquences de la sècheresse estivale sur les récoltes agricoles.

Les ménages modestes sont les plus affectés

De fait, et en dépit d’un ensemble de mesures de soutien déployées ces dernières semaines (primes de rentrée, prolongation du coup de pouce à la pompe…), les Français sont aujourd’hui 96% à déclarer ressentir les effets de la hausse des prix sur leur pouvoir d’achat, selon le dernier baromètre politique Odoxa-Mascaret pour LCP-AN, Public Sénat et la presse quotidienne régionale. Plus de la moitié (56%) indiquent même que leur pouvoir d’achat est fortement impacté par l’inflation : c’est onze points de plus que lors d’une précédente enquête réalisée en juin.

Sans surprise, ce sont les foyers modestes qui ressentent le plus les effets de l’inflation : 69% la ressentent fortement, contre 43% des plus aisés. En matière de tranche d’âge, ce sentiment est aussi plus important parmi les actifs (61-62% de 25-64 ans) que chez les jeunes de 18 à 24 ans et les plus de 65 ans (47%).

Energie, vêtements, loisirs…

Le sondage Odoxa-Mascaret dresse un constat similaire à celui du Crédoc : dans ces conditions, la grande majorité des Français ont d’ores et déjà modifié leurs comportements de consommation, avec comme premier poste touché, l’énergie dont 67% disent avoir déjà changé leurs habitudes, et 20% déclarent s’apprêter à le faire. Les vêtements (83%), la "consommation quotidienne" (83%), les vacances et les loisirs (78%) ainsi que les produits alimentaires (75%) sont les autres postes de dépenses concernés par ces changements.

L’inflation a atteint 5,6% sur un an en septembre en France, contre 5,9% en août – une décélération due au ralentissement du prix des services et de l’énergie, alors que la hausse des prix alimentaires s’est en revanche accélérée, passé de 7,9% en août à 9,9% en septembre.

D’après les dernières projections de la Banque de France, sur l’ensemble de l’année, elle devrait s'élever en moyenne à 5,8% 2022, et ralentir à 4,7% en 2023, selon son scénario de référence. Le "ressenti" de la hausse des prix devrait rester fort pour les ménages tout au long de l'année prochaine, dans la mesure où celle « des prix des biens alimentaires et des produits manufacturés ne se normaliserait que progressivement et demeurerait élevée en 2023. […] »

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