Inflation : les Français réduisent avant tout l’utilisation de la voiture et les achats de vêtements

Budget Actu 0

Comparé à nos voisins, le niveau de l’inflation en France reste contenu. Mais avec une hausse des prix atteignant tout de même 5,2% sur un an, peu de ménages échappent aujourd’hui à une baisse de leur pouvoir d’achat.

Reuters

Première préoccupation des Français (à 42%) devant la guerre en Ukraine (38%), le changement climatique (32%) et la crise sanitaire (12%), l’inflation est aujourd’hui concrètement ressentie au quotidien par 56% des ménages, selon un sondage réalisé par NielsenIQ auprès d’un panel de consommateurs interrogés entre le 29 avril et le 8 mai 2022.

Evaluée à environ 90€ par mois en moyenne par l’Institut NielsenIQ, partenaire de 60 Millions de consommateurs pour son Observatoire de l’inflation, cette baisse se traduit par une dépense supplémentaire de 27€ pour le carburant, de 32€ pour l’énergie et de 30€ pour les produits de consommation courante.

Les Français inégaux face à la hausse des prix

La charge financière peut varier assez fortement d’un foyer à l’autre, en fonction de sa composition (avec ou sans enfants), de ses revenus (les ménages les plus modestes sont les plus exposés aux hausses de prix alimentaires car les produits de base sont les plus fortement touchés, cf. encadré), et, surtout, de l’utilisation d’un véhicule : entre un ménage urbain qui utilise exclusivement les transports en commun et une famille installée en zone périurbaine qui réalise des trajets quotidiens en voiture, la différence de la "charge" de l’inflation est de plus d’un tiers, si l’on s’appuie sur l’évaluation de NielsenIQ !

Plus d'un tiers des ménages "fragilisés" par l'inflation

La hausse générale des prix pèse ainsi déjà sur 38% des ménages, qui se déclarent « fragilisés » par l’inflation, tandis que plus de 8 personnes sur dix sont « très attentives » à leurs dépenses de consommation.

Pour faire des économies, les Français limitent en priorité leurs dépenses sur le carburant et l’utilisation de la voiture (49%), les dépenses d’habillement (47%) et celles des loisirs hors de la maison (repas, cinéma, sorties culturelles, vacances…) (46%).

Profiter des promotions, premier réflexe pour alléger la facture

Les ménages préfèrent majoritairement réduire la voilure sur ces postes plutôt que sur ceux de consommation courante, comme la nourriture (18%), les produits d’hygiène beauté (14%) et d’entretien de la maison (14%). Mais là encore, les priorités varient selon le niveau de richesse des ménages. Chez les plus « fragilisés » par l’inflation, soit les plus modestes, le poste alimentation, marginalement plus important, est revu à la hausse dans 27% des cas.

Interrogés sur la façon dont ils limitent le montant total de leur panier de produits de grande consommation avant de le faire sur des catégories d’achats en particulier, les Français ciblent en priorité les opérations promotionnelles (46%), comparent plus attentivement les prix (44%) et privilégient des achats dont la date de péremption est proche (39%). Plus d’un quart réduisent aussi leur consommation de viande et de poisson (27%), et 24% les achats « plaisir » (vin, chocolat…).

L’inflation devrait s’accentuer dans les semaines à venir, et les prix dans les rayons des supermarchés encore flamber de 7 à 10% d’ici à la rentrée, prédit la Fédération du commerce et de la distribution : d’après NielsenIQ, une hausse générale de 7% des prix des produits de consommation courante représenterait une dépense supplémentaire mensuelle de 30€ par ménage…

LE top 10 des hausses de prix dans les rayons

  • Pâtes : +15,31%
  • Viandes surgelées : +11,34%
  • Farines : +10,93%
  • Huiles : +9,98%
  • Moutardes : +9,26%
  • Cafés torréfiés : 8,16%
  • Fruits secs : +8,16%
  • Viandes hachées : +7,91%
  • Plats cuisinés à base de pâtes : +7,67%
  • Semoules et céréales : +7,47%

*Hausse annuelle constatée en avril 2022. Source : IRi, Information Resources, Inc.

Commentaires