Gel des pensions : les retraités perdent-ils réellement du pouvoir d’achat ?

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La dernière revalorisation remonte à avril 2013. Mais depuis cette date, la faiblesse de l’inflation limite les dégâts en termes de pouvoir d’achat. Explications...

Reuters

Les retraites de base ne seront a priori pas revalorisées en octobre 2015. La faute à une prévision d’inflation annuelle nulle. Ainsi, les retraités devront attendre octobre 2016 pour espérer un léger mieux sur leur pension.

Dans le meilleur des cas, ils auront donc passé 42 mois sans révision à la hausse de ce qu’ils perçoivent chaque mois. Le dernier geste remonte en effet à avril 2013. Les retraites du régime général avaient alors été relevées de 1,3%. Nombre de voix s’élèvent d’ailleurs pour dénoncer l’impact de ce gel durable sur le pouvoir d’achat des retraités. Mais qu’en est-il vraiment ?

Une hausse de 1% en 2 ans pour le régime de base

Prenons le cas d’une personne qui touchait 1.000 euros en mars 2013. Le mois suivant sa pension est passée à 1.013 euros. Un chiffre qui correspond à la somme qu’elle perçoit encore aujourd’hui.

En deux ans, cette pension a donc augmenté de 1,3%. Ce taux mérite toutefois d’être ajusté puisque depuis avril 2013, les retraités sont aussi soumis à la Casa (contribution de solidarité pour l’autonomie). Cette ponction étant de 0,3%, la hausse réelle des pensions est plutôt de 1%.

0,4% d’inflation dans le même temps

En comparaison, les données de l’Insee montrent que sur la même période, les prix ont en moyenne augmenté de 0,4%. Sauf à remettre en cause les chiffres de l’Insee, il semble donc difficile de dire que le pouvoir d’achat des retraités a baissé entre mars 2013 et mars 2015. Cela tient notamment au fait que la revalorisation de 2013 (+1,3%) avait largement surestimé l’inflation réellement constatée en fin d’année (+0,7%).

Pour être précis, il convient aussi d’intégrer dans cette analyse les parts complémentaires, car les pensions Agirc et Arrco ont été revalorisées plus modestement en avril 2013 (0,5% et 0,8%) avant d’être elles aussi gelées.

Reste que même en prenant comme exemple une retraite répartie à 50/50 entre le régime de base et l’Arrco, on aboutit à une hausse de 0,6% de la pension depuis mars 2013 (Casa déduite), soit légèrement plus que l’inflation.

D’autres facteurs à intégrer

Qu’en sera-t-il en cas de gel des pensions du régime général cette année ? Si l’inflation est effectivement nulle, la tendance ne changera pas.

Bien entendu, certains cas particuliers (parfois douloureux) peuvent contredire ce raisonnement global. Mais il semble que le sentiment de perte de pouvoir d’achat ne provienne pas tant du gel des pensions que de facteurs annexes comme la réforme des taux de CSG applicables aux retraités, le durcissement de l’IR opéré en 2013 ou encore la hausse de la fiscalité locale. Or en prenant l’ensemble des données, le pouvoir d’achat de nombreux retraités a sans conteste reculé... dans des proportions difficiles à évaluer.

Enfin, les retraités souffrent aussi de la comparaison avec les actifs si l’on se réfère au salaire moyen par tête (SMTP) qui a de son côté augmenté de 2,3% depuis 2 ans. De quoi justifier l’idée dans l’air du temps selon laquelle les retraites pourraient à l’avenir être indexées non plus sur l’inflation mais sur l’évolution des salaires.

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