Des hausses de salaires loin de rattraper l’inflation

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Estimées à 2,5%-3% en moyenne sur un an selon deux enquêtes rapportées par Le Monde, les hausses de salaires en France sont loin de compenser la flambée générale des prix qui continue de grignoter le pouvoir d'achat des Français.

Reuters

Deux enquêtes des cabinets Deloitte et LHH confirment que les augmentations de salaires dans les entreprises sont reparties à la hausse en 2022, mais pas à hauteur du niveau général de l’inflation, rapporte Le Monde dans son édition du 1er septembre.

Selon le cabinet de conseil en ressources humaines LHH, la hausse médiane des salaires attendrait cette année 3%, à son plus haut niveau depuis 10 ans, tandis que cette progression est évaluée à 2,5% chez Deloitte.

Les hausses concernent tous les secteurs, et sont majoritairement "générales" c’est-à-dire qu’elles ont été davantage décidées pour l’ensemble des salariés des entreprises que négociées à titre individuel.

Des salaires en baisse en euros constants

Ces études confirment les données relevées cet été par la Dares, le service statistique de l’Etat qui dépend du ministère du Travail, qui a rapporté une hausse de 3% du salaire mensuel de base de l’ensemble des salariés (SMB) sur un an à fin juin 2022, une tendance qui s’est accélérée au 2e semestre, après +2,3% de hausse constatée le trimestre précédent.

Ramenée à l’augmentation générale des prix toutefois, la progression des salaires sur un an reste négative : avec une inflation des prix à la consommation (hors tabac) de 6% à fin juin 2022, sur un an et en euros constants, le SMB s’est tassé de 3%, et celui horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE) a reculé de 2,5%. Et en dépit des dispositifs anti-crise (bouclier tarifaire de l’énergie, coup de pouce à la pompe…), in fine, le pouvoir d’achat des Français a continué de baisser au 2e trimestre : -1,8%, d’après l’Insee, après -1,8% au premier trimestre.

Recours aux primes défiscalisées

En cette période inflationniste, ni les revendications salariales, ni l’appel du gouvernement à ce que les entreprises redistribuent davantage n’ont abouti à un mouvement général de hausse des salaires. L’accélération de l’inflation ces six derniers mois a par ailleurs obéré une partie des efforts réalisés, dans un contexte où beaucoup de sociétés ont vu leurs marges réduites et leurs projections s’assombrir. D’après LHH, une majorité ont préféré opter pour le les primes défiscalisées (primes pouvoir d’achat). Certaines ont aussi proposé des dispositifs d’aide à la hausse du carburant.

Enfin, une minorité (13%, selon LHH) a mis en place des clauses de revoyure les amenant à renégocier le budget d’augmentation de salaire.

Reste à savoir si le gouvernement se satisfera de ces chiffres. Dans les rangs de l’exécutif, on a déjà laissé entendre que si la participation des entreprises à l’effort collectif de protection du pouvoir d’achat est jugée insuffisante, « il y a toujours la possibilité de passer par la loi ».

La faiblesse de l’augmentation des salaires sera à n’en pas douter le principal argument de poids des défenseurs de la taxe sur les superprofits. Si M. Le Maire s’est à nouveau prononcé contre devant les rangs du Medef ce mardi, la Première ministre Elisabeth Borne a pour sa part déclaré qu’elle ne fermait pas la porte au dispositif.

Commentaires (1)
  • vezede
    vezedeposté le 01.09.2022 à 12:31

    Tout le problème est là, laisser les prix monter et empêcher la revalorisation des salaires et des pensions. C'est punir ceux qui ne sont pas responsables de cette situation et laisser impunis les vrais responsables.

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