Bouclier tarifaire : Le Maire promet une "hausse contenue et raisonnable" des factures énergétiques en 2023

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Le gouvernement veut rassurer les Français sur le niveau d'augmentation tarifaire du gaz et de l'électricité cet hiver.

Reuters

Une revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu, une nouvelle hausse des pensions de retraites le 1er janvier 2023, ou encore une augmentation des prix de l’énergie « contenue et raisonnable » pour les Français au début de l’année prochaine : dans une interview aux Echos parue ce jeudi 1er septembre, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a renouvelé quelques-unes des promesses de campagne du président de la République réélu et confirmé celle, plus récente, de la Première ministre, que le bouclier tarifaire du gaz et de l’électricité, qui devait s’éteindre dans quatre mois, ne serait pas brutalement supprimé.

Une semaine après les déclarations anxiogènes d’Emmanuel Macron sur la « fin de l’abondance » et le temps des « sacrifices », le gouvernement a déjà changé de ton face aux ménages, un peu moins face aux entreprises : promouvant un effort collectif, il entend quand même rassurer les Français sur l’état de leur porte-monnaie attaqué de toutes parts - rongé par une inflation élevée qui ne devrait pas vraiment s’assagir avant le courant de l’année prochaine et des salaires qui ne suivent pas - invectivés à réaliser des efforts de sobriété énergétique, alors même que le gratin des sociétés cotées a continué de verser de généreux dividendes, même si ceux-ci tiennent en réalité essentiellement à une poignée de secteurs (pétrole en tête) et aux résultats enregistrés l’année dernière.

Pas de "scénario du pire" pour les Français

En chœur, la Première Ministre sur France Inter ce matin et le patron de Bercy dans les colonnes des Echos assurent ainsi que le bouclier tarifaire des prix de l’énergie ne disparaîtra pas d’un coup alors qu’en une semaine, les cours de l’électricité et du gaz sur le marché de gros ont encore bondi de façon spectaculaire.

« Il y aura une hausse des prix de l’énergie début 2023, mais elle sera contenue et raisonnable par rapport à ce scénario du pire », promet Bruno Le Maire qui explique que sans ce bouclier, les factures des ménages bondiraient en moyenne de 120 euros par mois début 2023.

Se félicitant de la mise en place de la nouvelle remise carburant (30 centimes par litre à la pompe en septembre et en octobre, puis 10 centimes en novembre et en décembre), le ministre de l’Economie confirme par ailleurs que la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu – qui permettra de compenser une partie de la hausse des prix – « sera calée sur le niveau de l’inflation 2022, autour de 5% », et que celle des pensions de retraite au 1er janvier 2023 « dépendra du niveau de [celle] constatée en fin d’année ».

Les entreprises, elles, ne devront pas s’attendre à des coups de pouce aussi larges. L’exécutif a déjà promis aux acteurs économiques les plus exposés à la crise énergétique de les épauler à l’aune d’une saison hivernale très compliquée, qui augure de possibles coupures d’énergie, mais toutes sont promises à fournir des efforts de consommation.

Moins d'impôt pour l'industrie

Le gouvernement entend par ailleurs concentrer ses efforts sur la réindustrialisation de la France, avec « des propositions […] pour réduire les délais d’implantation des usines en France » et la poursuite de la « baisse des impôts qui pénalisent l’industrie », comme la suppression de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises).

Exit toute nouvelle réduction des impôts de production et des charges en revanche, comme le réclame le Medef : « Il y a aussi des réalités budgétaires. On ne peut pas nous demander en même temps de rétablir les comptes publics et de baisser toujours plus les impôts », déclare Bruno Le Maire.

Quant à la piste d’une diminution des aides aux entreprises et d’une révision du crédit impôt recherche évoquée par le député Renaissance Daniel Labaronne, le ministre n’exprime aucune opposition de principe : « Les parlementaires sont libres de leurs propositions. Si nous commençons à fermer la porte sur telle ou telle économie, il y a fort à parier que nous ne réduirons pas la dépense publique », avance-t-il.

Taxation des superprofits

Sur la taxation des superprofits, en revanche, M. Le Maire y est opposé car il perçoit le dispositif comme nocif à son objectif de réindustrialisation, et lui préfère l’idée d’un fonds vert finançant la transition énergétique, proposition du député Pierre Cazeneuve, alimenté sur la base du volontariat.

Mais face à l’ouverture d’Elisabeth Borne, le ministre de l’Economie ne peut pas complètement écarter l’option de la super taxe : « Nous avons besoin d’entreprises qui réalisent des profits pour investir et embaucher. Mais il est évident qu’elles doivent aussi participer à l’effort collectif, surtout si elles bénéficient de situations exceptionnelles. Nous ferons le bilan en fin d’année des efforts consentis. »

Des efforts collectifs qui doivent notamment se traduire par des hausses de salaires « pour les entreprises qui le peuvent », le versement de primes défiscalisées, d’intéressement et de participation, mais aussi, pour la banque-assurance, par des baisses de frais bancaires des primes d’assurance auto et habitation, demande Bruno Le Maire.

Commentaires (2)
  • lbda21
    lbda21posté le 01.09.2022 à 17:26

    continue ? peut-être 10% tous les 3 mois ! ça ne fait que 3.3 % tous les mois, une bagatelle.

  • vezede
    vezedeposté le 01.09.2022 à 12:26

    Raisonnable? C'est-à-dire? Au tarif actuel l'énergie est trop chère pour de nombreuses familles du quart-monde à la classe moyenne, alors combien?

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