Assurances auto : 1% à 2% d'augmentation en 2019 ?

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C’est le pronostic du cabinet Facts & Figures, qui prévient toutefois que les assureurs auront du mal à faire passer de telles hausses du fait de la concurrence dans le secteur.

Reuters

Entre 1% et 2%. Telle est l’augmentation théorique qui devrait s’appliquer aux contrats d’assurance automobile selon les calculs effectués par Facts & Figures au vu de la situation du secteur.

Mais, comme le souligne également le cabinet spécialisé, il n’est pas du tout certain que le secteur soit en mesure de faire passer de telles hausses tarifaires.

Une concurrence très vive

La lutte est rude dans le domaine de l’assurance automobile. Si la part des assurances directes (en ligne) se limite encore à 2,6%, ce sont surtout les bancassureurs qui sont passés à l’offensive au détriment des mutuelles et des agents généraux. Les bancassureurs captent aujourd’hui 13,2% du chiffre d’affaires de l’assurance auto contre 10,4% en 2012.

Du fait de cette concurrence, les assurés savent qu’ils ont tout intérêt à souscrire un nouveau contrat plutôt que d’accepter des hausses tarifaires trop lourdes. Ainsi, selon Facts & Figures, il est probable que les assureurs limiteront les augmentations pour éviter une rotation coûteuse des contrats.

Des ratios acceptables

L’autre argument en faveur d’une inflation limitée tient aux ratios des assureurs. Certes, le ratio combiné de l’automobile demeure supérieur à 100% (103,1% en 2017). Cela signifie que les coûts (sinistres, provisions, gestion…) sont supérieurs aux primes encaissées.

Cependant, le secteur affiche un résultat technique positif grâce aux produits financiers réalisés sur les très nombreuses provisions des assureurs : les provisions représentent 2,16 fois le chiffre d’affaires et les produits financiers obtenus ont atteint 6,2% du chiffre d’affaires en 2017. Les assureurs ont donc un peu de marge pour faire des gestes commerciaux.

Moins de sinistres

Facts & Figures souligne enfin que les nouvelles mesures de sécurité routière devraient améliorer le comportement des automobilistes et améliorer la sinistralité. D’où l’hypothèse de hausses tarifaires inférieures à l’augmentation du coût de la réparation automobile (de 2,3% à 3,5% selon les postes).

Il faudra aussi compter sur l’effet psychologique de ces nouvelles mesures. Le gouvernement ayant martelé qu’il souhaitait faire baisser le nombre et la gravité des accidents, les assurés s’attendent certainement à ce que cela leur évite de subir de lourdes augmentations de leur prime.

Les enseignements du passé récent

Compte tenu de ces arguments, Facts & Figures doute donc de la capacité du secteur à augmenter ses prix. Le cabinet prend d’ailleurs l’exemple des dernières années pour prouver que « les assureurs n’arrivent plus à faire passer leurs hausses de tarifs ». La prime moyenne n’a progressé que de 0,6% en 2016 et de 0,2% en 2017.

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