Le marché mondial de l'art en chiffres

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Bousculé par la crise, puis dopé par la circulation de capitaux, la digitalisation et les NFT, le marché mondial de l'art s'est remis pronto de la crise sanitaire.

Reuters

Particulièrement sensible à la conjoncture économique, le marché de l’art mondial n’a pas été épargné par la crise sanitaire. D’après une étude de la Fédération nationale des Caisses d’épargne, les ventes d’œuvres mondiales ont chuté de 22% en 2020.

Mais la singularité de la période – qui a accéléré la digitalisation des transactions et connu une circulation sans précédent de flux de capitaux – assortie de la révolution des NFT, ont permis au business de se relever de façon spectaculaire.

Le cru 2021 devrait avoir complètement effacé les stigmates de la crise : entre l’été 2020 et cet été, les ventes aux enchères mondiales ont rebondi de 117%, d’après Artprice.

Quant à la part des transactions en ligne, elle a progressé de façon spectaculaire : en hausse de 72% au 1er semestre 2021 par rapport à l’an passé, ce canal de ventes a atteint un record de 6,8 milliards de dollars, et pourrait peser trois fois plus qu’en 2019 d’ici la fin de l’année, anticipe l’assureur Hiscox.

Le retour des ventes record

Ralenties en 2020, les « grandes » transactions sont de retour. « Des prix records ont été atteints dans des ventes d’art moderne et d’art contemporain, tant pour des noms confirmés, comme Picasso ou Basquiat, que pour des artistes émergents utilisant le support de l’art digital et des NFT », rapporte Guillaume Cerutti, CEO de Christie’s, dans sa présentation de l’enquête de la Fédération nationale des Caisses d’Epargne.

La preuve en deux exemples : le NFT de la création numérique de l’artiste Beeple, Everydays : the first 5.000 days, a été adjugé au printemps dernier pour 69,3 millions de dollars. Et un tableau de Jean-Michel Basquiat, In This Case, s'est vendu 93,1 millions de dollars, devenant la deuxième toile la plus chère du peintre new-yorkais.

Au-delà de ces enchères multimillionnaires et ultramédiatisées, le marché de l’art reste un univers d’investissement relativement étroit, dont l’essentiel des ventes en volume réalisées ne dépassent pas la dizaine de milliers d’euros, relève l’étude des Caisses d’Epargne. Voici quelques chiffres clés du marché :

51 Md€

C’est le volume moyen annuel du marché de l’art mondial réalisé entre 2009 et 2020. Ce volume a doublé sur la période 2002-2007 puis s’est maintenu à un niveau relativement stable. En France, le niveau moyen des transactions annuelles sur cette période atteint 3,2 Md€.

1.380€

Prix moyen par œuvre vendue dans le monde depuis 2009. 83% des ventes en galeries, et 92% des enchères publiques concernent des transactions inférieures à 42.500€, 42% des œuvres inférieures à 4.250€. Celles supérieures à 850.000€ ne pèsent que pour 1% des ventes.

42%

… des ventes réalisées en 2020 émanent des Etats-Unis, qui dominent le marché depuis les années 90. Mais les années 2000 ont vu émerger le marché chinois : l’année dernière, il a représenté 20% des ventes, une part équivalente à celle du Royaume-Uni. La France représente environ 8% des transactions.

11%

… des œuvres en valeur ont été vendues en ligne en 2020, selon Art Economics. Plus les prix sont bas, plus le canal digital est privilégié : plus d’un quart des œuvres vendues à moins de 850€ le sont en ligne, contre moins de 2% au-delà de 850.000€.

34%

Le taux d’invendus des œuvres en 2020 pour les enchères publiques, ce taux variant entre 34% et 50%, rapporte l’étude des Caisses d’Epargne. Sur ce marché très éclectique, peu liquide, et avec des variations de cote très importantes d’une période à l’autre, la revente peut être très difficile.

8%

Selon une étude de Citi*, le rendement annuel estimé de l’art contemporain sur la période 1985-2018 s’élève à environ 8% (celui de l’art impressionniste d’environ 5%), sa performance a donc été inférieure aux marchés actions et obligations, tandis que sa volatilité a été supérieure à la moyenne des actifs financiers.

« L’achat d’une œuvre d’art doit avant tout rester guidé par le plaisir ou l’émotion que sa contemplation procure », estime Guillaume Cerutti. « Si, de surcroît, l’achat se révèle à terme un bon placement financier, alors tant mieux ! ».

*The global art market, drivers of evolution, déc. 2019.

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