Rétromobile : une vente moins dynamique qu’il n’y paraît…

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Parmi les modèles-phare mis en avant par Artcurial le week-end dernier, un sur deux n’a pas atteint sa fourchette d’estimation.

Artcurial

42,9 millions d’euros. Le bilan de la vente de voitures anciennes organisée par Artcurial le week-end dernier a de quoi impressionner d’autant qu’il marque une progression de 31% par rapport à l’édition 2018.

En marge des 16,75 millions d’euros dépensés par un collectionneur américain pour une Alfa Roméo 8C 2900 B Touring Berlinetta de 1939, l’événement a aussi vu partir une Serenissima Spyder de 1966 pour la bagatelle de 4,22 millions d’euros… alors que le modèle était initialement estimé entre 2,25 et 2,5 millions d’euros.

Les chiffres mis en avant montrent à l’évidence que les acheteurs ont été au rendez-vous. De fait, les montants déboursés pour les modèles-phare ont a priori atteint les fourchettes d’estimation.

Pourtant, en regardant les résultats en détail, force est de constater que la vente a été moins soutenue qu’attendu.

Ne pas mélanger prix hors frais et frais inclus

La présentation peut en effet être trompeuse. Les estimations fournies en amont par Artcurial s’entendaient hors frais. Or, les résultats publiés dans le communiqué intègrent les frais de vente.

Ainsi, en retranchant les près de 2,15 millions d’euros de frais réglés par l’acheteur, il apparaît que l’Alfa Roméo 8C a été vendue pour un prix au marteau de 14,6 millions d’euros. Un montant certes élevé mais en dehors de la fourchette d’estimation (de 16 millions à 22 millions d’euros).

Des prix moins hauts qu’espéré

Cet exemple est loin d’être le seul. Parmi les 10 modèles mis en exergue dans le communiqué de presse, cinq n’ont pas atteint les prix espérés et deux ont tout juste touché le bas de fourchette. Attendues à au moins 900.000 euros, une Ferrari 250 GT/L Lusso de 1964 et une Alfa Roméo 6C 1750 Gran Sport de 1930 ont par exemple dû se contenter de 820.000 euros au marteau.

A l’inverse, un seul de ces dix modèles a crevé le plafond, la Serenissima Spyder.

Au regard des pronostics, on peut donc parler de bilan finalement mitigé. Et cela ne concerne pas que les têtes d’affiche. Au total, selon notre décompte, la moitié de la centaine de lots vendus n’a pas atteint le prix minimal espéré.

Des lots prestigieux sur le bord de la route

Enfin, s’il est habituel que des véhicules ne trouvent pas d’acheteurs, il faut également noter que des lots prestigieux sont restés cette année sur le bas côté : Maserati A6GCS (1953), Ferrari 275 GTC (1966), Porsche 550A Spyder (1957), Mercedes-Benz 300 SL Roadster (1958), Bugatti 51 Grand Prix (1931)… Des modèles généralement recherchés dont Artcurial espérait obtenir pour certains plusieurs millions d’euros.

Un signe d’accalmie ?

Bien entendu, il serait hasardeux de vouloir tirer des conclusions à partir des résultats d’une seule vente. Mais les chiffres de Rétromobile 2019 montrent clairement que les acquéreurs ont fait preuve de modération par rapport aux ambitions des vendeurs, y compris sur les modèles d’exception.

Alors que les prix ont quasiment stagné en 2017 et 2018, ces derniers résultats incitent à penser que le marché des véhicules anciens fait actuellement preuve de mesure après avoir connu une véritable flambée jusqu’en 2016.

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