Marché de l’art : 2022, une année américaine

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Le marché de l’art a renoué avec son niveau d’avant la crise sanitaire en 2022, selon un rapport d’UBS et d'Art Basel. La période a surtout été éclatante pour les Etats-Unis, à l'inverse de la Chine, qui a pâti de sa politique zéro-Covid.

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Le marché de l’art est de retour à son niveau d’avant la crise sanitaire, rapporte l’enquête annuelle d’UBS et Art Basel sur le secteur, publiée mardi 4 avril : en 2022, les ventes mondiales ont progressé de 3% par rapport à 2021, pour atteindre 67,8 milliards de dollars.

30,2 milliards de dollars de transaction aux Etats-Unis

Dans un contexte économique toujours compliqué et très volatil, les performances ont cependant été variables selon les branches, les régions et les segments de prix, et le principal moteur de la croissance est demeuré les transactions très haut-de-gamme, souligne le rapport.

Les Etats-Unis sont restés largement en tête, représentant à eux seuls 45% des transactions en valeur (après 43% en 2021), profitant d’une reprise des ventes de 8% pour atteindre un niveau record à 30,2 milliards de dollars.

En deuxième position, le marché anglais, avec 18% des ventes mondiales en valeur (11,9 milliards de dollars), est demeuré encore sous son niveau d’avant-crise, mais est passé devant la Chine et Hong Kong, qui ont pâti de la politique zéro-Covid, faisant face à tout au long de l'année à des annulations de ventes, d’enchères et d'événements.

Résultat : ces deux places asiatiques, qui avaient repris de la vigueur en 2021, ont enregistré une contraction de 14% de leurs ventes l’année dernière, à 11,2 milliards de dollars (leur second plus bas niveau depuis 2009) pour ne représenter "plus que" 13% du marché mondial.

Petite croissance pour la France

Juste après la Chine, le marché français, en 4e position, avec 7% des ventes mondiales en valeur, a enregistré une croissance de 4%, altérée par la faiblesse de l’euro face au dollar, après une solide reprise de 58% en 2021, mais permettant à l’Hexagone de porter ses ventes à un niveau inédit d’un peu moins de 5 milliards de dollars.

Les marchés allemands et espagnols ont aussi progressé l’année dernière, et l’Union européenne dans son ensemble, a grimpé de 5% pour atteindre un montant total de ventes annuelles estimé à 8,8 milliards de dollars.

Dans les salles de ventes, en particulier américaines, de nouveaux records de prix auront encore été atteints l’année dernière, et les enchères de la collection Paul Allen, feu cofondateur de Microsoft, atteignant un total de 1,6 milliard de dollars, est devenue la vente la plus chère de l’histoire du marché de l’art.

Six œuvres d’art ont par ailleurs dépassé la somme de 100 millions de dollars, dont un portrait de Marilyn Monroe par Andy Warhol, Shot Sage Blue Marilyn, acquis pour 195,04 millions de dollars chez Christie’s, devenant ainsi la 2e œuvre aux enchères la plus onéreuse de l’histoire après le Salvator Mundi de L. de Vinci (450,3M$).

Les affaires des grandes maisons auront été éclatantes : le top 50 des transactions par lot, toutes conclues à des prix supérieurs à 30 millions de dollars – a émané exclusivement de Christie’s, Sotheby’s et Phillips. « Quelques autres maisons d’enchères régionales et nationales en Europe ont également enregistré de fortes ventes, notamment des structures de taille moyenne en France et en Allemagne », relève le rapport d’UBS.

« Cependant, la baisse importante de la valeur de l’euro vis-à-vis du dollar américain (la monnaie européenne est tombée à son plus bas niveau en 20 ans en septembre, NDLR), sur l’année a présenté une vision moins favorable de leurs performances lorsqu'elles sont agrégées en termes de dollars. »

Et 2023 ?

En ce qui concerne 2023, les perspectives sont plutôt au beau fixe. 77 % des collectionneurs fortunés, interrogés par Art Economics et UBS en 2022, sont positifs quant aux perspectives du marché, et une majorité (55 %) prévoit d'acheter de l'art en 2023.

Du côté des vendeurs, 45% s’attendent à une progression des transactions, dont 10% à un niveau significatif. Les plus optimistes sont les professionnels chinois, qui comptent sur un bon rattrapage de sortie de politique zéro covid, ainsi que les établissements de taille modeste (comptant moins de 250.000$ de ventes annuelles).

« 2023 sera une année d'inflexions alors que nous traverserons des tournants pour l'inflation, les taux d'intérêt, la croissance économique et les marchés financiers, le tout dans un contexte géopolitique mondial complexe », considère cependant Paul Donovan, économiste en chef chez UBS Global Wealth Management. Après deux années de comportements d’achat un peu euphoriques, les analystes s'attendent en effet à davantage de modération en 2023.

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