Le vin se met lui aussi au financement participatif

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Une société biterroise propose d’acquérir des parts de vignobles pour un montant de 1.300 à 2.500 euros... et de percevoir chaque année des dividendes en bouteilles

Reuters

Si le crowdfunding prend peu à peu son envol en France, les secteurs concernés sont d’ores et déjà nombreux : PME innovantes, immobilier, musique... Même le vin se met à l’heure du financement participatif. C’est effet le positionnement qu’a choisi la société Terra Hominis.

Basée à Béziers, cette structure lancée en 2011, propose d’investir collectivement dans des vignobles. Concrètement, l’idée consiste à associer une centaine de personnes au sein d’une SCI ou d’un GFA (groupement foncier agricole) afin d’acquérir un domaine dont l’exploitation est confiée à un vigneron sélectionné.

100 à 130 associés au tour de table

Sur le papier, le concept ne semble donc guère s’écarter du mécanisme qui existe déjà au travers des GFA (avec des allègements fiscaux à la clé). Mais c’est surtout l’esprit de sa démarche que la société met en avant pour se démarquer des offres existantes et revendiquer son rattachement au domaine du crowdfunding.

Ici, l’opération ne se fait pas avec 10 gros investisseurs fortunés mais avec 100 à 130 personnes dans le tour de table. Ainsi, le prix de la part est situé entre 1.300 et 2.500 euros. Le fondateur, Ludovic Aventin, ajoute d’ailleurs que « l’objectif n’est pas de faire un placement financier avec une rentabilité à deux chiffres ».

Un investissement plaisir avec 4,5% de dividendes en bouteilles

Certes, la société n’oublie pas de rappeler que des investisseurs entrés dans une exploitation en 2011 à 1.300 la part ont pu ressortir deux ans après au prix de 1.650 euros. Mais elle dit surtout vouloir s’adresser à des passionnés, sensibles aux méthodes de travail retenues (travail à la main, absence de résidus phytosanitaires...), à la qualité des vins produits et à la convivialité entre associés. Amateur de rugby, Ludovic Aventin, n’hésite d’ailleurs pas à faire le parallèle avec l’esprit de ce sport et rappelle qu’il est parvenu à regrouper de nombreux rugbymen (Didier Cambérabéro, Olivier Magne, Pieter de Viliers, Andrew Merhtens) au sein d’un vignoble.

Autre particularité, si les associés perçoivent 4,5% de dividendes, le paiement se fait en bouteilles du vignoble. Et chaque investisseur a en outre la possibilité d’acheter du vin avec 30% à 50% de remise.

Deux projets à financer

Depuis 2011, trois vignobles ont été financés par ce dispositif (Faugères, Minervois) et produisent aujourd’hui des vins vendus entre 11 euros et 32 euros la bouteille (prix publics). « A Mas Angel, par exemple, l’ensemble de la production est vendue d’une année sur l’autre », précise Ludovic Aventin. Deux autres sont en cours de financement (Minervois). Le premier, le Dolmen des fées, s’étend sur 4 hectares. La part est vendue au prix de 1.450 euros. Le second, la Truffière, propose ses 8 hectares au prix de 2.500 euros la part.

Bien entendu, tout projet de crowdfunding comporte une part de risque à ne pas négliger. Outre l’absence de garantie pour l’investisseur, l’une des interrogations concerne notamment la revente des parts sur le marché secondaire. « Aujourd’hui, peu d’associés veulent sortir. Mais en cas de besoin, nous avons une liste d’attente d’acquéreurs potentiels », répond Ludovic Aventin en rappelant également que les associés ne sont pas responsables financièrement de l’exploitation puisqu’ils ne sont propriétaires que du foncier.

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