Patrimoine : comment un avantage fiscal peut doper votre épargne

Astuces Analyse 0

Certains placements ouvrent droit à des réductions d’impôt. De quoi soutenir les performances même si le rendement intrinsèque reste limité

Reuters

Investissement dans des PME, des Sofica ou encore via le dispositif Pinel... Tous ces mécanismes ont un point commun. Ils permettent à l’épargnant d’obtenir un avantage fiscal en échange de son engagement. Or celui-ci peut se révéler dans certains cas intéressant.

Concrètement, cet avantage revient en effet à doper le rendement des placements concernés. Imaginons un épargnant plaçant 1.000 euros avec une réduction d’impôt de 2% par an. Il obtiendra 20 euros par an de rabais fiscal. Ainsi, même si le placement affiche un rendement intrinsèque de 0%, il équivaudra in fine à un placement à 2%.

Sur 5 ans, ce même épargnant aura par exemple obtenu 100 euros rien que par son avantage fiscal. Pour gagner autant avec un placement sans coup de pouce fiscal, il faudrait trouver un placement servant au minimum 1,92% (en capitalisant les intérêts).

Cas des PME

En investissant dans une PME, il est possible d’obtenir 18% de réduction d’impôt (IR) à condition de conserver ses parts pendant 5 ans. Cette solution est notamment mise en avant en matière de finance solidaire. L’avantage fiscal peut alors compenser l’absence de rémunération des parts de la part des entreprises solidaires. En investissant 1.000 euros sur 5 ans, l’épargnant risque en effet de ne pas avoir plus de 1.000 euros à la sortie. Mais il aura obtenu 180 euros de rabais fiscal. Soit l’équivalent d’une rentabilité annuelle moyenne de 3,65% (avec capitalisation des intérêts).

Les Sofica

Dédiées à l’investissement dans le cinéma, les Sofica permettent d’obtenir 30% voire 36% de cadeau fiscal. Là encore, l’engagement de conservation est de 5 ans. Mais l’avantage fiscal équivaut à lui seul à un rendement annuel de 5,4% au minimum.

Le dispositif Pinel

Ayant pris le relais du dispositif Duflot, le Pinel offre lui aussi une carotte fiscale. Certes, ce cadre centré sur l’investissement locatif impose des plafonds de loyers. Mais dans plusieurs zones (en province notamment), la perte de loyers peut être compensée par l’avantage fiscal octroyé.

Rappelons que l’investisseur peut ainsi avoir une réduction d’impôt allant de 12% à 21% de son investissement (dans la limite de 300.000 euros). Cette réduction est à répartir sur 6 à 12 ans selon les cas.

Des placements risqués

Ces carottes fiscales ne doivent pas faire oublier que les placements concernés restent risqués et peuvent par conséquent déboucher sur des moins-values. Ceci étant, la moins-value peut être en partie ou totalement compensée par l’avantage fiscal (voir exemple ci-dessous). Autrement dit, tant que la perte sur le placement ne dépasse pas le montant de la remise fiscale, l’investisseur reste gagnant en net.

Précisons néanmoins que le gain provenant d’une économie d’impôt,  ces mécanismes s’adressent aux contribuables payant suffisamment d’impôt pour en profiter.

Exemple

Un particulier investit 10.000 euros dans une PME et obtient ainsi 1.800 euros de réduction d’impôt. S’il revend ses parts 10.000 euros dans cinq ans sans avoir touché de dividendes, il n’aura aucune plus-value mais aura économisé 1.800 euros d’impôt, soit un gain net de 18%.

Si les parts ne sont revendues que 9.000 euros, il y aura une moins-value de 1.000 euros (10%) mais en intégrant la réduction fiscale, l’investisseur gagnera encore 800 euros (8%), soit l’équivalent de 1,55% par an.

Commentaires