« Peu de risques de réelle remontée des taux immobiliers à court terme »

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Tribune de Sandrine Allonier, porte-parole et responsable des Relations Banques de Vousfinancer.com.

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On l’annonçait depuis quelques semaines avec la reprise de l’inflation. On l’avait pressenti en octobre, alors que quelques banques isolées avaient remonté légèrement leurs taux. En novembre, la remontée des taux est bel et bien là. Pour autant, rien indique encore si elle sera durable ou si elle n’est qu’un épiphénomène, lié à la fin de l’année. Il ne faut pas oublier deux freins à la remontée des taux : les liquidités dans l’économie sont très abondantes et le crédit immobilier reste l’un des meilleurs moyens pour les banques de les placer, et les taux d’usure, qui ont encore baissé, devraient mécaniquement limiter la remontée des taux…

Un phénomène souvent observé en fin d’année

En novembre, la plupart des barèmes reçus, de banques régionales ou nationales, présentent des hausses de taux, de 0,05 point à 0,25 point, sur l’ensemble des durées et des profils. Si ces remontées sont les premières de l’année 2021, il faut rappeler que le même phénomène avait été observé en fin d’année 2020, a un moment où traditionnellement les banques ont encore beaucoup de dossiers à traiter et des délais à tenir pour les dossiers avec prêt à taux zéro ou des investissements locatifs. Ainsi, même si la plupart des banques ont remonté leurs taux ce mois-ci, il est trop tôt pour affirmer que l’ère des taux bas est définitivement terminée ! Il faut attendre de voir si ces hausses se généralisent et si elles s’installent dans la durée.

En outre, rappelons qu’il s’agit de taux affichés sur les barèmes qui peuvent ensuite être ajustés à la baisse grâce à un système de décotes appliquées en fonction du profil des emprunteurs, permettant aux dossiers de qualité d’obtenir encore des taux records. Les taux moyens proposés sont actuellement en légère hausse à 1 % sur 15 ans, 1,15 % sur 20 ans et 1,40 % sur 25 ans mais les taux les plus bas, pour les meilleurs profils, restent à des niveaux records, toujours inférieurs à 1 % quelle que soit la durée (0,50 % sur 15 ans, 0,70 % sur 20 ans et 0,90 % sur 25 ans).

Quel impact d’une hausse de 0,25 point ?

Ce sont donc les profils les moins attractifs qui devraient être les premiers à pâtir d’une éventuelle remontée des taux, si elle se confirme, c’est-à-dire ceux qui ne bénéficient pas de la forte concurrence interbancaire. Nous avons fait les calculs : une hausse des taux de 0,25 point telle que constatée sur certains barèmes représentent un surplus de mensualité de 22 € par mois pour un crédit de 200.000 €, et au total un surcoût de 4.000 € sur la durée du crédit. C’est aussi 5.000 € de capacité d’emprunt en moins pour une mensualité 1.000 € par mois, soit 2 m2 de moins en moyenne…

Taux d’usure

Mais au-delà du surcoût, c’est plutôt l’exclusion de certains emprunteurs qui pourrait devenir problématique dans les prochaines semaines si les hausses de taux venaient à se confirmer et à se généraliser. En effet, les taux d’usure, taux maximum auxquels il est possible d’emprunter, viennent de baisser encore au 1er octobre, portant leur recul à 0,26 point depuis janvier. Avec deux conséquences : soit certains emprunteurs dont les taux dépassent l’usure se verront refuser leur crédit, soit, les banques se verront contraindre de limiter les hausses des taux… Tout dépendra de leurs objectifs de production de crédit en 2022.

Sandrine Allonier

Le parcours de Sandrine Allonier

Responsable des Relations banques, Vousfinancer.com

Diplômée d’un DEA et d’une maîtrise d’Economie Internationale de l’Université Paris IX-Dauphine, Sandrine Allonier a débuté sa carrière en 2005 comme journaliste économique avant de devenir responsable des études économiques et porte-parole de meilleurtaux.com. En 2014, elle rejoint VousFinancer.com pour entretenir et renforcer les relations avec les partenaires bancaires et contribuer ainsi au développement de ce courtier.

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