"La baisse des aides impacte déjà le marché, surtout du neuf"

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Sandrine Allonier, Responsable des Relations Banques de Vousfinancer.com

Vousfinancer.com

Après la quasi-suppression des APL accession, le dispositif du prêt à taux zéro a été recentré en 2018, non sans déjà impacter les primo-accédants et le secteur de la construction. Ainsi, nous constatons en 1 an une baisse d’un tiers du nombre de bénéficiaires du PTZ et une diminution de 10 % en moyenne des montants accordés, plus marquée encore dans le neuf que dans l’ancien. L’objectif du gouvernement de baisser le coût des aides au logement devrait donc être atteint en 2018, et en 2019 également d’ailleurs, au détriment des jeunes emprunteurs qui sont déjà les premiers à pâtir de la hausse des prix…

Un dispositif raboté

Pour rappel, il y a un an, début 2018 le dispositif du prêt à taux zéro était reconduit pour 4 ans – ça c’était la bonne nouvelle – mais avec quelques ajustements… Sur le principe pourquoi pas, mais tel l’effet papillon, ce recentrage a eu des dommages collatéraux : dans le neuf, le PTZ a été recentré sur les zones tendues, A, A bis et B1, où les montants de PTZ atteignent encore 40 % de l’opération mais abaissé à 20 % dans les zones B2 et C jusqu’en 2019. Et à partir de 2020, sauf changement, les zones détendues ne devraient plus être éligibles au PTZ. Dans l’ancien, sous conditions de travaux, il a été recentré sur les zones B2 et C avec le maintien d’une quotité de financement de 40 %. Les zones dites tendues n’y sont plus éligibles. L’objectif de cette rationalisation était selon le gouvernement d’avoir un dispositif « mieux ciblé pour construire plus vite en zone tendue et soutenir la revitalisation dans les zones détendues » mais également d’en réduire le coût… un objectif qui devrait être atteint, mais à quel prix ?

D’après les estimations du SGFGAS, la Société de Gestion des Financements et de la Garantie de l’Accession Sociale à la propriété, le nombre de PTZ accordés en 2018 devrait atterrir à 90 000 environ contre 123 477 en 2017, soit une baisse de 27 %... En 2019, la baisse devrait se poursuivre, le gouvernement prévoyant d’ores et déjà l’octroi de 88 200 PTZ.

Baisse du nombre de PTZ

En tant que courtier, nous constatons cette baisse du nombre de prêts à taux zéro. Elle atteint même parmi nos clients 32 %, toutes opérations confondues. Dans le neuf, la chute est même de 35 % contre 21 % dans l’ancien. Cela montre bien que le fait de limiter la quotité de financement à 20 % du montant de l’opération en zones détendues a davantage pénalisé les primo-accédants que sa suppression dans l’ancien dans les zones tendues. Mais ça a aussi et surtout pénalisé les constructeurs de maisons individuelles dans ces zones où il y a pourtant le plus de terrains disponibles et à des coûts plus raisonnables… Ainsi, les PTZ dans le neuf (VEFA et construction de maisons individuelles) ne représentent « plus que » 69 % des PTZ accordés à nos clients emprunteurs contre 75 % en 2017. Plus révélateur encore, dans la répartition maison/appartement, les maisons ne constituent plus que 50 % des PTZ en 2018, contre 61 % en 2017, confirmant la encore l’impact de la baisse du PTZ en zone B2 et C…

Les montants de prêt accordés sont également mécaniquement en baisse de 10 % en moyenne, mais avec un recul là encore plus marqué dans le neuf qui s’explique par le fait que les montants accordés ne dépassent pas 20 % du montant de l’opération dans les zones détendues. Dans l’ancien, les montants de PTZ ont logiquement diminué également, car le dispositif n’existe plus en zone tendues, là où les prix étaient les plus élevés…

Quid de 2020 ?

Après la suppression des APL accession, le recentrage du PTZ a donc aussi pénalisé les primo-accédants et les ménages modestes qui voient qu’encore une fois un dispositif efficace est menacé. Nous attendons de savoir s’il sera maintenu au-delà de 2019 dans le neuf en zone détendue. C’est un enjeu pour les futurs propriétaires, mais aussi et bien sûr pour les constructeurs de maisons individuelles déjà impactés par le recentrage du dispositif.

Sandrine Allonier

Le CV de Sandrine Allonier

Responsable des Relations banques, Vousfinancer.com

Diplômée d’un DEA et d’une maîtrise d’Economie Internationale de l’Université Paris IX-Dauphine, Sandrine Allonier a débuté sa carrière en 2005 comme journaliste économique avant de devenir responsable des études économiques et porte-parole de meilleurtaux.com. En 2014, elle rejoint VousFinancer.com pour entretenir et renforcer les relations avec les partenaires bancaires et contribuer ainsi au développement de ce courtier.

Commentaires (1)
  • ecullois69
    ecullois69posté le 27.02.2019 à 18:01

    Toutes des aides, les subventions,les défiscalisations, les APL, ne font que renchérie l'immobilier, laissons le coût de l'immobilier redevenir raisonnable et comparable à l'international et il y aura un replis de 30% des prix ce qui sera bon pour tout le monde sauf pour quelques spéculateurs