"Même les crédits récents peuvent être renégociés !"

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Sandrine Allonier, Responsable des relations Banques du courtier VousFinancer.com

Vousfinancer.com

On ne cesse de l’entendre, les taux de crédit immobilier sont historiquement bas. Cette très bonne nouvelle pour les acquéreurs crée-t-elle de nouvelles opportunités pour ceux qui ont emprunté dans la période récente ?

En effet, les taux ont atteint un tel niveau, que même des crédits récents, de 2012 notamment, peuvent actuellement être renégociés avec des économies substantielles à la clé. En moyenne, on peut aujourd’hui obtenir un crédit à 2,75% sur 15 ans, 3% sur 20 ans et 3,4 % sur 25 ans. Alors pourquoi conserver un crédit à plus de 4%, comme c’est le cas de ceux contractés par la plupart des emprunteurs ces dernières années ?

Quelles catégories d’emprunteurs sont concernées ?

Aujourd’hui, les crédits souscrits en 2008 (à plus de 5 % en moyenne sur 20 ans), 2009 et 2011 (à plus de 4% en moyenne) ont tout intérêt à être renégociés car l’écart de taux avec ceux proposés aujourd’hui est d’environ 1 point… Ils ont d’ailleurs - pour beaucoup d’entre eux - déjà été rachetés en 2013… La grande nouveauté est que les crédits de 2012, et notamment ceux du début de l’année, peuvent aujourd’hui être renégociés ! C’est d’autant plus intéressant que c’est en début de prêt que l’on rembourse le plus d’intérêts (jusqu’à 50% de la mensualité les deux premières années), et donc qu’un rachat a le plus d’impact sur le coût total du crédit…

Quelles économies ces personnes peuvent espérer ?

Un crédit de 200 000 € souscrit en janvier 2012 à 4,30% sur 20 ans, et renégocié aujourd’hui à 2,90% va permettre une économie de 22 150 €, en tenant compte des frais. Alors qu’un même crédit de 200 000 € à 4,30% souscrit en août 2009, et renégocié aujourd’hui à 2,90% engendra une économie de 14 950 € «seulement». Plus le montant emprunté à la base est élevé, ou plus la durée initiale du prêt est importante, plus l’opération de renégociation sera rentable…

Alors concrètement comment faire ?

Deux options s’offrent à vous. Première solution, vous pouvez renégocier votre crédit - ou plutôt tenter de le faire - au sein de votre propre banque, et dans ces cas-là, si elle accepte, vous continuez à rembourser le même crédit avec une légère baisse de taux (de l’ordre de 0,20 à 0,50 point maximum) et de la mensualité. Les frais sont limités (frais de dossier, ou frais de renégociation) mais l’économie l’est également…

Deuxième solution, vous faites racheter votre crédit par une autre banque qui vous proposera les taux très bas dont bénéficient actuellement les nouveaux emprunteurs. Dans ces cas-là, vous devrez verser des pénalités de remboursement anticipé à la banque que vous quittez (3 % du capital restant dû, plafonné à 6 mois d’intérêt). Il vous faudra également souscrire une nouvelle garantie pour le prêt. Au total, les frais peuvent atteindre 4,5 % du montant du nouveau prêt… D’où la norme de « 1 point d’écart » à respecter entre le taux de votre crédit avant renégociation et les taux actuels, afin d’être sûr que l’opération soit gagnante. Vous pourrez en outre faire le choix de diminuer votre mensualité ou de réduite la durée de votre prêt, avec un gain plus important avec la seconde option.

Enfin, une opération de renégociation est aussi l’occasion de changer d’assurance de prêt, et de faire des économies parfois importantes en prenant une délégation d’assurance, alors pensez-y !

Sandrine Allonier

Le CV de Sandrine Allonier

Responsable des Relations banques, Vousfinancer.com

Diplômée d’un DEA et d’une maîtrise d’Economie Internationale de l’Université Paris IX-Dauphine, Sandrine Allonier a débuté sa carrière en 2005 comme journaliste économique avant de devenir responsable des études économiques et porte-parole de meilleurtaux.com. En 2014, elle rejoint VousFinancer.com pour entretenir et renforcer les relations avec les partenaires bancaires et contribuer ainsi au développement de ce courtier.

Commentaires (1)
  • dandre6
    dandre6posté le 16.07.2014 à 11:17

    Remarques précédentes pertinentes. Sauf que le vendeur, le constructeur vont difficilement accepter une perte et des prix difficilement compressibles sur salaires et matériaux. Sauf si marge importante, incluant par exemple l'avantage fiscal pour le neuf que l'on fait miroiter.