Nouveaux barèmes de MaPrimeRénov’ : pas assez incitatifs pour les rénovations globales ?

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A partir du 1er janvier 2021, tous les ménages deviendront éligibles à la prime pour la rénovation des logements MaPrimeRénov’, un dispositif de plus en plus complexe à décrypter...

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Le plan de relance français de 100 milliards d’euros a accordé une enveloppe supplémentaire de 2 milliards d'euros au dispositif d’aides à la rénovation énergétique des logements MaPrimeRénov’. A partir du 1er janvier 2021, tous les ménages deviendront éligibles, y compris les propriétaires bailleurs, avec une incitation pour les plus aisés à effectuer des rénovations globales de leur logement. Même les copropriétés y auront droit sous conditions.

Un dispositif de plus en plus complexe

Les nouveaux barèmes viennent d’être publiés avec pas moins d’une trentaine de types de travaux allant de l'isolation des murs ou d'un plancher bas au changement de chaudière ou de fenêtres, en passant par une rénovation globale. Les aides peuvent être forfaitaires ou calculées au mètre carré. Le dispositif reste donc très compliqué car les aides accordées dépendent bien sûr des revenus avec un effort supplémentaire en faveur des ménages les plus modestes. À chaque catégorie de revenus, en fonction de la composition de son foyer et de sa localisation, est associée une couleur (bleu, jaune, violet et rose). Par ailleurs, un bonus spécifique a été créé pour les rénovations globales permettant de sortir un logement de passoire thermique (étiquette F ou G) et pour les rénovations ambitieuses qui atteignent l’étiquette énergie B ou A. Sans rentrer dans tous ces détails, nous renvoyons donc les lecteurs vers le simulateur en ligne dédié proposé par le gouvernement.

En pratique

En pratique, il faut déposer son dossier en amont des travaux sur le site www.maprimerenov.gouv.fr, avec les devis des artisans (obligatoirement Reconnus garants de l’environnement, RGE). Une fois la demande finalisée, un instructeur de l’Anah vérifie le dossier et valide le montant de l’aide. Une fois l’accord reçu par mail, les travaux peuvent démarrer. Lorsqu’ils sont terminés, il faut payer les artisans et transmettre la (les) facture(s) à l’Anah, qui verse alors rapidement la prime. Les travaux faisant l’objet d’un devis à compter du 1er octobre 2020 seront éligibles aux nouvelles modalités de l’aide sachant que les propriétaires bailleurs ne pourront déposer leur dossier qu’à partir du 1er juillet 2021.

Une ouverture trop partielle ?

La Fédération française du bâtiment (FFB) s’est réjouie de ces avancées tout en notant que « l’ouverture aux ménages intermédiaires et aisés reste très partielle ». La FFB regrette que pour les ménages intermédiaires MaPrimeRénov’ exclut les chaudières à gaz très haute performance et s’avère faible en remplacement des fenêtres, tandis que pour les plus aisés elle ne vise que l’isolation des murs et toitures ou une rénovation globale.

Copropriétés

Concernant l’ouverture de la prime aux copropriétés, la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM) a applaudi le fait qu’un tel dispositif est inédit et permettra de rattraper le retard considérable pris par les immeubles en copropriétés en matière de rénovation. La FNAIM demande cependant des précisions techniques sur les exigences de travaux qui doivent permettre un gain énergétique de 35%.

Un peu court pour les rénovations globales ?

Fondateur de PrimesEnergie.fr qui accompagne les particuliers dans leurs travaux d'économies d'énergie, Nicolas Moulin souligne la volonté de l’exécutif de prioriser les rénovations globales des logements. « Si le principe général d'une graduation de la prise en charge des travaux selon les revenus est bon, l'exclusion des ménages aux revenus les plus élevés pour la quasi-totalité des travaux peut interroger. La volonté affichée du gouvernement est clairement d’inciter les ménages les plus aisés à entreprendre des rénovations globales en leur proposant de nouveaux forfaits et bonus dédiés jusqu'à 10.500€ en cumulant toutes les aides. Mais on peut se demander si le dispositif sera suffisamment incitatif compte-tenu des budgets engagés, parfois supérieurs à 30.000 €, pour des travaux de cette envergure. »

« Les propriétaires-bailleurs, désormais éligibles à MaPrimeRénov’ et pour qui l’interdiction de louer une passoire thermique sera effective en 2023 dans le cadre de la loi Energie-Climat, pourront de leur côté y voir une opportunité », ajoute Nicolas Moulin.

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