Meilleurs Agents voit la baisse des prix immobiliers s’installer dans les grandes villes

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Les délais de transactions s’allongent nettement et la remontée des taux commence à impacter sérieusement la demande.

Barnes

Le spécialiste de l’estimation des prix immobiliers, Meilleurs Agents, parle désormais d’un « véritable point de bascule pour le marché des grandes villes ». Rien d’alarmant pour l’instant puisque la plateforme observe juste une stagnation des prix dans les principales métropoles françaises en octobre mais d’autres facteurs laissent penser qu’on se rapproche certainement d’un changement de tendance.

Peu de grandes villes résistent encore

Meilleurs Agents observe tout d’abord que l’équilibre apparent des prix en octobre ne tient qu’aux fortes progressions des trois grandes villes dont les prix sont les moins élevés du Top 10 : Lille (+1% à 3.577€/m²), Montpellier (+1% à 3.682 €/m²) et Marseille (+0,8% à 3.686 €/m²). A l’inverse, le recul tend notamment à s’accélérer à Bordeaux, (-1,1% en deux mois, dont -0,8% en octobre à 4.803€/m²). Paris (10.346€/m²), Lyon (5.335€/m²), Strasbourg (4.180€/m²), Rennes (4.158€/m²), Nantes (3.945€/m²) et Toulouse (3.690€/m²) voient aussi leur prix s’éroder sur octobre.

Au sujet de Paris, Meilleurs Agents confirme que la barre des 10.000 € le m² est toujours d’actualité, 67% des transactions enregistrées dans la capitale depuis début juin se faisant toujours au-dessus de ce niveau. En moyenne, seuls 5 arrondissements parisiens sur 20 affichent aujourd’hui des prix sous cette barre symbolique (12e, 13e, 18e, 19e et 20e) pendant que 7 autres s’échangent encore au-delà des 12.000 €/m².

Il y a ensuite peu de chances que cette évolution négative cesse dans les semaines à venir, notamment à l’approche de l’hiver, saison parmi les moins dynamiques pour le marché immobilier.

L’impact de la remontée des taux n’est pas encore visible

La remontée des taux d’emprunt (autour de 2,20% sur 20 ans actuellement) devrait également se poursuivre alors que la Banque centrale européenne va très certainement relever encore ses taux directeurs à la mi-décembre. Or c’est dans les grandes métropoles que le taux d’effort, soit la part de son revenu qu’un ménage consacre au remboursement du crédit, y est déjà particulièrement élevé par rapport au reste de l’Hexagone. De quoi contraindre encore davantage les particuliers désireux d’y devenir propriétaires et au final limiter la demande. Mais il faut bien comprendre que cet effet taux désolvabilisateur met du temps à se transmettre jusqu’aux prix…

Les délais de transactions s’allongent

Autre signe avant-coureur, les délais de transactions s’allongent nettement. En seulement trois mois, Meilleurs Agents observe que le nombre de jours nécessaires pour qu’un bien change de main a augmenté en moyenne de près d’une semaine pour s’établir à plus de deux mois dans la quasi-totalité des plus grandes agglomérations. L’allongement des délais de vente est encore plus marqué à Lyon et à Rennes avec respectivement 11 et 10 jours supplémentaires en l’espace d’un trimestre. Même à Paris, il faut désormais 69 jours en moyenne pour vendre son bien. « Cette moindre rapidité à trouver preneur se traduit par une augmentation de l’offre qui finit par contraindre mécaniquement nombre de vendeurs à revoir leurs prétentions tarifaires à la baisse », souligne Meilleurs Agents.

« Tout semble indiquer que le marché, loin de s’effondrer, est bel et bien entré dans un mouvement baissier appelé à perdurer », conclut Meilleurs Agents. Il faut en effet relativiser puisqu'à l’heure actuelle, les prix des 10 plus grandes villes françaises sont encore en hausse de près de 5% depuis le début de l’année et de 37% sur 5 ans...

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