Le Prêt à taux zéro redevient incontournable pour financer l’achat d’un logement neuf

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Quel avenir pour ce dispositif réservé aux primo-accédants en 2023 ?

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Comme chaque année à partir du mois d’octobre, les primo-accédants qui doivent financer une acquisition immobilière à l’aide d’un Prêt à taux zéro (PTZ) d’ici la fin de l’année doivent se dépêcher. Il faut en effet se hâter de déposer son dossier de financement, sachant que les pièces à réunir sont nombreuses, en particulier lorsque cela concerne un achat dans l’ancien avec travaux. Les lourdeurs administratives qu’impliquent la mise en place du prêt à taux zéro contraignent les banques à filtrer la prise en charge de ces dossiers dès que la fin de l’année approche afin que les offres de prêts soient émises avant le 31 décembre.

La plupart des banques fixent généralement cette échéance du dépôt des demandes de financement avec PTZ entre la mi-octobre et le début novembre. Les emprunteurs hors délai devront attendre l’année prochaine. Car ensuite, les instructions de dossiers avec PTZ ne reprennent qu’en janvier, le temps pour les banques de mettre à jour leurs logiciels informatiques avec les éventuels nouveaux barèmes ou conditions de ce prêt réglementé à 0%.

Jusqu’à fin 2023

On rappellera que cette aide aux primo-accédants (sous conditions de revenus) pour l’achat d’un logement neuf est limitée à 20% du montant maximal de l’acquisition dans les zones les moins tendues (B2 et C), contre 40% dans les zones les plus tendues. Pour ce qui est du PTZ dans l’ancien avec travaux, il faut se diriger vers les zones B2 et C, les zones urbaines A bis, A et B1 en étant exclues depuis 2018. Ces conditions sont à priori prévues jusqu'à la fin de l’année prochaine si on se fie à l’engagement de l’ancienne ministre en charge du logement, Emmanuelle Wargon, de prolonger le PTZ jusqu’en 2023 sans modifications.

PLF 2023

Le PTZ devrait toutefois s’inviter dans les discussions budgétaires du projet de loi de finances pour 2023 qui vont commencer la semaine prochaine. Il serait en effet souhaitable de renforcer cette aide pour l’acquisition de logements neufs à l’heure où la construction neuve est à la peine et surtout avec les difficultés croissantes des acquéreurs qui doivent composer avec l’inflation du prix des logements neufs et la forte hausse des taux d’emprunt. Avec l’envolée des taux depuis le début de l’année et des barèmes sur 20 ans qui dépassent désormais 2%, le PTZ retrouve un intérêt majeur en permettant aux ménages les plus modestes d’emprunter. D'autant que les taux devraient encore poursuivre leur remontée dans les prochains mois.

Différé de remboursement

Outre son taux à 0%, l’efficacité et l’effet solvabilisant de ce dispositif réside dans le différé de remboursement qu’il accorde. Le PTZ est en effet attribué sur des durées de 20 à 25 ans selon les cas et comprend une période de différé pendant laquelle l’emprunteur ne rembourse que le prêt bancaire et pas encore le PTZ. Cette période est, selon les revenus, de 5, 10 ou 15 ans. Dans certains cas, les emprunteurs revendent même leur logement avant d’avoir commencé à rembourser le PTZ.

Villes moyennes

Dans beaucoup de villes moyennes de zone B1 très demandées, un couple avec deux enfants pourra par exemple obtenir jusqu’à 108.000 € de PTZ pour un achat de 270.000 €. Sans cette enveloppe et le différé de remboursement, beaucoup de foyers ne pourraient pas devenir propriétaires dans le neuf et devraient se tourner vers l'ancien où les prix flambent.

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