Le nouvel enjeu de la ventilation des logements

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En augmentant l'imperméabilité à l’air des constructions, on a diminué la ventilation des maisons. Se pose alors le problème des concentrations en CO2 dans les pièces à vivre et les chambres en particulier.

Maisons Barberousse

A l’occasion d’un séminaire technique organisé à Rome par l’union professionnelle des constructeurs et aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment (LCA-FFB), des premiers résultats ont été présentés sur l’impact énergétique et environnemental des usages des résidents d’une maison à énergie positive à travers le projet Comepos.

Comepos

Ce projet basé sur l’étude de 23 maisons à énergie positive localisées sur l’ensemble du territoire hexagonal est issu de la collaboration entre des constructeurs, des partenaires académiques, des industriels et des bureaux d’étude. Les résultats viendront appuyer un référentiel en perspective de la nouvelle réglementation thermique RT 2020 qui doit succéder à la RT2012 actuellement en vigueur pour la construction de logements neufs.

Qualité de l’air

La synthèse des premiers résultats présentée à Rome par Etienne Wurtz, directeur de recherche au CEA, montre que la consommation énergétique n’est plus un sujet dans ce type de maisons à l’isolation parfaite, au point que l’enjeu sur l’eau chaude dépasse même celui du chauffage. Un problème est pourtant soulevé par cette expérimentation : celui de la qualité de l’air. Etienne Wurtz rappelle en effet que toutes les réglementations thermiques en vigueur depuis 1984 avec l’apparition des VMC (ventilation mécanique contrôlée) n’ont pas apporté de réponses au niveau de la ventilation intérieure face à l’évolution des maisons. Or en augmentant l'imperméabilité à l’air des constructions, on a bien sûr diminué la ventilation des maisons.

ventilation par vmc

Selon le principe de la ventilation par VMC, l’air neuf entre par les entrées d’air des pièces de vie, traverse le logement au travers des détalonnages de portes, et est extrait par des bouches d’extraction, associées à des gaines jusqu’à un groupe d’extraction. Un conduit rejette ensuite l’air vicié à l’extérieur. Les débits dans la maison varient en fonction de l’humidité dans la cuisine ou la salle de bain

Le projet Comepos constate des résultats de qualité d’air très décevants, en particulier au niveau des concentrations en CO2 dans les chambres à coucher. Les équipements actuels déclenchent en effet la ventilation en fonction de l’humidité dans les pièces techniques. Or, quand les occupants dorment, rien ne se déclenche, la chambre n’est pas ventilée et la concentration en CO2 augmente.

Concentrations en CO2

Sachant que la concentration en CO2 d’une chambre ne devrait pas dépasser 1200 PPM, Etienne Wurtz a mesuré des pics nocturnes allant jusqu’à 3500 PPM dans ces maisons à énergie positive. De telles concentrations font craindre des maux de tête et des problèmes de sommeil. Même avec des installations parfaitement conçues et bien réglementaires, on fait donc dormir l’habitant dans des conditions sanitaires dégradées. Il n’y a d’ailleurs pas que dans les maisons à énergie positive que ce problème est observé car de nombreuses ventilations ne fonctionneraient pas correctement dans les maisons neuves livrées aujourd’hui (RT 2012).

Quelles solutions ?

Les solutions ne semblent pourtant pas très difficiles à mettre en œuvre, à commencer par l’installation dans les pièces de vie de capteurs de CO2, raccordés aux systèmes déclenchant la ventilation. On s’achemine d’ailleurs vers une obligation de mesure systématique à l’horizon 2019 et un Livre Blanc est à paraître sur le sujet. En attendant, le bon vieux réflexe de penser à aérer les chambres garde tout son sens…

Energie positive

Les maisons à énergie positive sont censées produire davantage d’énergie qu’elles n’en consomment. Dans le cadre du projet Comepos, une vingtaine de maisons de ce type ont déjà été réalisées par des constructeurs comme Maisons Hanau, Trecobat, Maisons Pierre, Tradimaisons, Mas Provence, IGC, Maison France Confort, Chamois Constructeurs ou Extraco.

Commentaires (4)
  • Michel First
    Michel Firstposté le 07.12.2017 à 22:16

    Mais il n'y a pas que le gaz carbonique,les meubles en aglos sont pire!

  • konakimo
    konakimoposté le 06.12.2017 à 16:38

    mea culpa du co2 pas du co !!! mais pour la perméabilité tjr un pb ..

  • konakimo
    konakimoposté le 06.12.2017 à 16:12

    1200 et 3500 PPM les gens seraient morts en quelques minutes...
    en augmentant la perméabilité non l'imperméabilité des logements plutôt ...
    Vous les avez sortis d'où vos experts j'espère que pour la bourse ce ne sont pas les mêmes ...

  • Journaliste
    Journalisteposté le 06.12.2017 à 16:37

    D’après l’ANSES, le premier effet critique du CO2 se mesure à environ 10000 PPM, on est donc heureusement loin…

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