La barre des 10.000 € le m² semble toujours tenir bon à Paris

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Les moyennes de prix dans la Capitale restent cependant très influencées par le niveau très élevé des quartiers du centre. Les notaires observent d'ailleurs que Paris concentre toujours plus d’acquéreurs issus des catégories les plus favorisées.

Hôtel Lutetia

La chambre des notaires de Paris est toujours loin de voir la moyenne des prix du m² repasser sous la barre symbolique des 10.000 € dans la Capitale. Contrairement à certains réseaux d’agences immobilières comme Century 21 et Orpi qui ont déjà évoqué des prix moyens sous les 10.000 €, les notaires observent toujours une résistance des prix parisiens autour de 10.600 € le m² sur la base de leur échantillon actuel de promesses de ventes.

« Comme c’est le cas depuis de nombreux mois, les évolutions de prix restent donc très modérées, très loin des fortes variations annoncées par certains commentateurs », soulignent les notaires dans leur dernière note de conjoncture immobilière sur le Grand Paris publiée ce vendredi. D’après eux, les prix parisiens se situeraient d’ailleurs au même niveau que l’an dernier à la même période alors qu’ils n’auraient finalement que très peu varié en deux ans, entre une moyenne de 10.500 et 10.800 € le m², avec de légers mouvements de hausses puis de baisses.

L’influence du haut de gamme

Cette divergence peut trouver une explication dans le fait que le segment du haut de gamme sur lequel des réseaux comme Century 21 et Orpi sont quasiment absents tire actuellement les prix vers le haut avec le retour des acquéreurs étrangers à Paris. Les moyennes de prix dans la Capitale restent d’ailleurs très influencées par le niveau très élevé des quartiers du centre comme le 8e arrondissement, le 7e ou le 6e qui tournent souvent autour de 14.000 € le m². A l’inverse, les appartements des quartiers plus populaires semblent connaître des négociations de prix plus importantes, surtout pour les biens avec des défauts ou de mauvais DPE (et ils sont nombreux à Paris). Tout dépend donc du périmètre sur lequel on calcule la moyenne…

Cet été, les notaires avaient calculé que plus de 90% des ventes d’appartements se font au-dessus de 10.000 € le m² dans le centre de Paris alors que cette proportion tombe à moins de 50% dans les 5 arrondissements périphériques de l’est parisien.

Une clientèle de plus en plus élitiste

Enfin, si la demande reste forte malgré ces niveaux de prix élevés et un contexte de brutale remontée des taux d’emprunts, c’est parce que Paris concentre toujours plus d’acquéreurs issus des catégories socioprofessionnelles les plus favorisées. Il est en effet devenu pratiquement impossible d’acheter un appartement dans Paris lorsque l’on est employé ou ouvrier : une étude des notaires montre que cette catégorie ne représente plus que 5% du total des acquéreurs aujourd’hui contre 16% il y a 20 ans. 87% des acquéreurs parisiens font désormais partie d’une catégorie CSP+.

Moins de tensions sur les maisons

Plus globalement à l’échelle de l’Ile-de-France, les notaires estiment que les prix des appartements affichent encore en moyenne une petite hausse de +1,6% sur un an, avec une évolution toujours plus modérée en Petite Couronne (+2,1%) qu’en Grande Couronne (+4,2%). Toujours d’après les indicateurs avancés sur les avant-contrats, les prix semblent désormais s’orienter à la baisse pour les maisons après une période précédente de flambée, notamment en Petite Couronne. Mais ce marché rentre habituellement dans une phase de repli des prix, à l’automne une fois passés les déménagements précédant la rentrée scolaire.

« On attend des hausses annuelles de prix des maisons limitées à 2,9% sur l’ensemble de la région (+0,9% en Petite Couronne, +3,9% en Grande Couronne) qui confirmeraient que le relâchement des tensions sur ce marché, jusqu’à présent très dynamique, limite la hausse des prix », analysent les notaires.

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