Déjà un demi-point de hausse en 3 mois pour les taux d’emprunt immobiliers !

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Selon le courtier en ligne Pretto, les emprunteurs doivent s’attendre à une nouvelle augmentation des barèmes de 20 points de base en avril.

Reuters

Mauvaise nouvelle pour les emprunteurs : les taux des emprunts immobiliers vont continuer à augmenter en avril. Le courtier en ligne Pretto nous a confirmé une nouvelle hausse des barèmes après analyse des premières grilles de ses partenaires bancaires qui remontent en moyenne de 20 points de base. « Toutes les durées et tous les profils sont concernés avec des hausses allant jusqu’à 40 points de base dans certaines banques », nous précise le président de Pretto, Pierre Chapon.

Entre 1,30% et 1,60% sur 20 ans

Pretto évalue les taux d’avril autour de 1,53% sur 15 ans, 1,62% sur 20 ans et 1,77% sur 25 ans pour des profils d’emprunteurs avec moins de 40.000 € de revenus annuels. Les emprunteurs gagnant entre 40.000 et 80.000 € par an pourront encore prétendre à des offres nettement plus basses : 1,40% sur 20 ans et 1,54% sur 25 ans. Quant à ceux qui affichent plus de 80 KE de revenus, les offres descendent jusqu’à 1,29% sur 20 ans et 1,44% sur 25 ans.

Inflation et tension sur les OAT

Sans surprise, les banques continuent à répercuter le contexte inflationniste qui entraîne des tensions sur les taux obligataires. Elles intègrent aussi le coût du risque face à cet environnement perturbé. La courbe du rendement des OAT 10 ans reste en effet très surveillée par les banques françaises car elle pèse en partie sur leur capacité de refinancement et influence donc leurs marges sur les crédits immobiliers, sachant qu’elles refinancent aujourd’hui des prêts accordés par le passé à des taux souvent très bas.

Depuis le début mars, les OAT 10 ans ont vu leur rendement plus que doubler pour dépasser aujourd’hui 1%, un plus haut depuis 5 ans. Ce mouvement est bien sûr accentué par le contexte inflationniste qui a pris une nouvelle dimension avec la guerre en Ukraine, amenant les banques centrales à réviser leurs scénarios sur les taux directeurs. C’est ainsi que la Fed américaine a relevé son taux directeur (entre 0,25% et 0,5%) le 16 mars dernier pour la première fois depuis décembre 2018 et que d’autres hausses vont suivre cette année. En Europe, il devient de plus en probable que la BCE relève ses taux d’ici la fin de l’année. Difficile donc pour les établissements bancaires de ne pas répercuter une partie de cette hausse afin de préserver leurs marges même si elles s’efforcent aussi de rester compétitives car elles gardent des objectifs de production de crédit élevés.

Les banques de réseau temporisent

« Les banques ne renoncent pas à leurs objectifs commerciaux, elles nous sollicitent d’ailleurs actuellement pour avoir des nouveaux dossiers, mais elles sont beaucoup plus attentives à la profitabilité du crédit immobilier », résume Pierre Chapon. Les banques de réseau semblent d’ailleurs moins offensives sur les hausses de taux que les banques en ligne car elles font souvent du crédit immobilier un produit d’appel pour accompagner les clients avec d’autres solutions d’épargne ou d’assurance.

Une hausse brutale depuis le début de l’année

Depuis le début de l’année, la remontée des taux s’avère en tout cas brutale. Ce mouvement de +20 points de base en avril s’ajoute à une hausse de 10 points de base en février et de 20 points en mars, soit au total un demi-point en 3 mois. Sur 20 ans, on est ainsi passé d’à peine plus de 1% en moyenne à 1,5%-1,6% aujourd’hui.

Face à des prix immobiliers qui ont beaucoup augmenté ces dernières années, cet écart va mécaniquement exclure davantage d’emprunteurs dépassant un taux d’endettement de 35% lorsqu'ils n'ont pas la possibilité d'allonger davantage la durée de leur prêt (maximum 25 ans dans l'ancien) ou de mobiliser un apport supplémentaire. C'est en particulier le cas des primo-accédants ou des investisseurs. Une consolation quand même : la hausse des taux immobiliers reste beaucoup moins prononcée que celle de l’inflation et emprunter autour de 1,6% reste très avantageux dans un environnement où les prix augmentent de plus de 4%.

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