Changer d’assurance emprunteur devient plus facile mais attention aux hausses de tarifs

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A partir du 1er juin entrent en vigueur la possibilité de changer son assurance à tout moment avec la fin du questionnaire médical pour les prêts inférieurs à 200.000 € en fonction d de l'âge de l'emprunteur.

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A l’heure où les taux d’emprunt sont en pleine remontée, l’assurance emprunteur reste le levier incontournable pour faire des économies sur le coût global de son crédit immobilier. A partir de ce mercredi 1er juin, faire jouer la concurrence en assurance emprunteur se fera dans un nouveau cadre réglementaire avec l’entrée en vigueur de la loi Lemoine.

Pour les nouvelles offres de prêts émises à partir du 1er juin, il devient possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment, comme c’est le cas pour une assurance automobile ou habitation, et non plus seulement dans les 12 premiers mois de la souscription du prêt ou à date anniversaire. Pour les emprunteurs avec un crédit en cours, cette possibilité leur sera offerte à partir du 1er septembre 2022. Dans les deux cas, la seule condition est de présenter une offre aux garanties équivalentes.

Fin du questionnaire médical

L’autre évolution majeure en vigueur dès aujourd'hui concerne la fin du questionnaire médical pour l’assurance emprunteur des prêts inférieurs à 200.000 € (ou 400.000 € pour un couple en quotité 50/50), dès lors que l’échéance du remboursement du crédit est antérieure au 60ème anniversaire de l'assuré. Cela s'adresse par exemple aux emprunteurs dont l’âge ne dépasse pas 45 ans pour un prêt sur 15 ans, 40 ans pour un prêt sur 20 an ou 35 ans pour un prêt sur 25 ans.

Beaucoup de financements vont être concernés par cette absence de questionnaire médical, ce qui va être lourd de conséquences, à la fois pour les assureurs et pour les emprunteurs. Les assureurs ne pourront plus opérer de sélection médicale et n’auront d’autre choix que de mutualiser le risque pour remplacer les surprimes et exclusions partielles. Cette mutualisation du risque est justement défendue par les banques et explique pourquoi les tarifs des assurances bancaires sont plus chers que celles des assureurs alternatifs, personnalisées en fonction de chaque profil.

Hausse des tarifs

Cette absence de sélection médicale va donc forcément avoir des répercussions à la hausse sur le tarif des assurances déléguées. Les jeunes en bonne santé devraient notamment voire leurs décotes se réduire significativement auprès des assureurs alternatifs. Plus que jamais, il faudra donc comparer pour trouver le meilleur tarif. Le courtier Meilleurtaux vient d’ailleurs de repenser les parcours clients et interfaces digitales de son site et son application afin de fluidifier et simplifier la comparaison des offres d’assurance. En intégrant l’éligibilité d’un client à la souscription sans questionnaire de santé, Meilleurtaux promet la possibilité de procéder à un changement d’assurance emprunteur en quelques clics.

Questionnaires de comportement

Les assureurs vont quand même tenter d’en savoir plus sur le profil des emprunteurs au moyen de questionnaires de comportement qui permettront de mieux personnaliser les tarifs. Ils continueront aussi à aborder le statut de fumeur ou non-fumeur qui n’est pas une information médicale. Le Crédit Mutuel, première banque à avoir instauré la fin du questionnaire médical pour ses clients fidèles (sous certaines conditions) indépendamment de cette évolution réglementaire, demande d’ailleurs toujours aux emprunteurs s’ils sont fumeurs on non, ce statut étant très déterminant dans le tarif proposé.

Des informations relatives à la pratique d'activités sportives pourront également être demandées sur ce type de questionnaire. Il est par contre possible que le paysage concurrentiel se réduise car certains assureurs n'ayant pas la taille critique pour supporter le risque santé vont probablement préférer abandonner les couvertures d’emprunts inférieurs à 200.000 € non soumis à un questionnaire de santé.

A SAVOIR

Autre évolution apportée par la loi Lemoine, le délai pour bénéficier du droit à l'oubli, qui concerne les personnes guéries d'un cancer ou d’une hépatite C, a été réduit de 10 ans à 5 ans après la fin du protocole.

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