Avec les taux bas, l’assurance peut coûter plus cher que le crédit

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Sur des durées courtes, il n’est pas à exclure que le montant des intérêts soit inférieur au coût global de l’assurance-emprunteur. D’où l’intérêt de bien négocier cette dernière.

Boursier.com

Avec des taux au plancher, l’emprunt immobilier n’a jamais été aussi bon marché. Selon notre dernier baromètre, les moyennes étaient par exemple de 1,40% sur 20 ans ou de 1% sur 10 ans. Les très bons profils peuvent même obtenir mieux : jusqu’à 0,85% sur 20 ans et 0,5% sur 10 ans.

Cela peut d’ailleurs conduire à des situations étonnantes avec un prêt coûtant in fine moins cher que l’assurance souscrite en parallèle, en particulier sur des durées courtes.

Imaginons un célibataire empruntant 100.000 euros au taux de 0,7% sur 10 ans. En conservant son financement jusqu’à l’échéance, il paiera 3.570 euros d’intérêts. Si en parallèle, sa banque lui propose une assurance au taux annuel de 0,4%, le coût de cette dernière s’élèvera à 4.000 euros sur 10 ans, soit 12% de plus que les intérêts.

Une marge de négociation

Du fait de la baisse des taux immobiliers, les marges de négociation sont aujourd’hui réduites sur ce critère. En revanche, il peut être intéressant de se pencher sur l’assurance. Rappelons en effet qu’il est désormais possible de choisir son assurance-emprunteur, y compris en cours de route. La permutation peut être effectuée à tout moment dans les 12 premiers mois du contrat (loi Hamon) et à chaque date anniversaire par la suite (loi Bourquin).

Les gains à la clé peuvent être appréciables et surtout plus importants que ceux obtenus par une négociation du taux d’emprunt.

Exemple

Reprenons notre exemple en supposant que notre célibataire tente d’obtenir un taux d’emprunt de 0,6%, c’est-à-dire proche des meilleures conditions actuelles. S’il y parvient, il abaissera son coût de crédit à 3.055 euros et économisera un peu plus de 500 euros dans la durée.

S’il décide en revanche de rechercher une assurance à un meilleur prix, il lui suffira de trouver une assurance à 0,35% (au lieu de 0,4%) pour réaliser la même économie. Si son profil lui permet de descendre à 0,3% voire mieux, il pourra même espérer 1.000 euros d’économie au minimum.

Taux annuel et TAEA

Au moment de regarder les offres, il est important de ne pas se tromper de taux. L’assurance est couramment exprimée en taux annuel. Ainsi, une assurance de 0,5% par an sur un capital de 100.000 euros correspond à un coût annuel de 500 euros, soit 41,67 euros par mois. Il est aussi à noter que l’assurance se calcule sur le capital de départ pour toute la durée du prêt. C’est la raison pour laquelle, elle peut être plus coûteuse que les intérêts en dépit d’un taux inférieur (les intérêts se calculent quant à eux sur le capital restant dû). Pour y voir clair et faciliter les comparaisons, les professionnels sont donc contraints depuis 2015 d’afficher le TAEA, c’est-à-dire le taux effectif de l’assurance. Notre exemple de départ (taux de 0,7% et assurance de 0,4%) fait par exemple ressortir un TAEA de 0,77% qui confirme que dans ce cas, l’assurance coûte plus cher que l’emprunt.

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