Atterrissage des prix immobiliers en vue en Bretagne

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Les notaires bretons ne constatent pas encore de baisse des prix sur le littoral où la rareté des biens entretient une forte demande.

Espaces Atypiques

L’accalmie des prix immobiliers touche aussi la Bretagne, une région où l’envolée a été spectaculaire depuis la crise sanitaire, dans un contexte de ruée sur les maisons ou sur les zones littorales mais aussi en conséquence d’un rattrapage du prix au m² qui était beaucoup plus abordable qu’ailleurs.

Le Conseil régional des notaires de Bretagne (Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique et Morbihan) parle ainsi d’un ralentissement des volumes de transactions et d’un atterrissage même si les indicateurs arrêtés à fin juin 2022 ne montrent pas encore de baisse des prix. Sur un an, la hausse des prix immobiliers est d’ailleurs restée vive au deuxième trimestre 2022 en Bretagne avec +10% pour les maisons et +8,8% pour les appartements anciens à 3.130 € le m² en moyenne. Dans les Côtes-d’Armor, la hausse des prix des appartements est même encore mesurée par les notaires à +24% sur un an et dans le Morbihan à +16%.

Baisse des volumes

Depuis cet été, les notaires bretons observent toutefois une poursuite de la baisse des volumes alors que, comme dans d’autres régions, les effets combinés de la hausse des taux d’emprunt, de l’évolution de la réglementation énergétique ou de la pression inflationniste se ressentent déjà au niveau de l’allongement des délais de transactions. Les notaires bretons confirment au passage les difficultés croissantes de certains acquéreurs à obtenir leur emprunt avec des blocages liés aux seuils de l’usure. « Depuis quelques semaines, le taux d’usure est ainsi responsable de nombreux refus de prêts. La marge pour obtenir un crédit se réduit et risque d’entraîner un blocage du marché immobilier dans les mois à venir », souligne Olivier Arens, Président du Conseil régional des notaires de la Cour d’appel de Rennes.

Sur la base des promesses de ventes, les notaires bretons s’attendent par exemple à une baisse de prix de l’ordre de 5% (par rapport à fin juin 2022) à Nantes et première couronne sur les maisons. En revanche, ils ne constatent pas encore de baisse des prix sur le littoral où la rareté des biens entretient une forte demande. Aucune baisse de prix n’est attendue non plus à Rennes sur les maisons car il y a très peu de biens à vendre. « A Rennes, à peine 7% des volumes se font sur des maisons anciennes à comparer à 20% à Nantes. Le prix des maisons n’est donc pas près de baisser à Rennes », estime ainsi Vincent Lemée, notaire dans la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Dans tout le département, Vincent Lemée observe d’ailleurs des stocks d’appartements à vendre très bas.

Faire construire reste abordable

Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor, reste la préfecture la moins chère des 5 départements bretons à un peu moins de 1.500 € le m² pour les appartements contre 3.720 € le m² à Rennes et près de 4.000 € à Nantes.

Les notaires bretons rappellent au passage qu’il est encore possible de trouver des terrains à bâtir à moins de 50.000 € en Bretagne, ce qui permet de faire construire une maison neuve pour un budget global limité à 200.000 €. La rareté des terrains fait cependant que les parcelles rétrécissent et ne dépassent souvent plus 300 m².

Pour les investisseurs, les notaires citent l’exemple de Lorient (2.260 € le m² pour les appartements) où la bonne rentabilité fait que le loyer peut couvrir le remboursement du prêt.

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