Sommes-nous si mal logés que cela en France ?

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38% de ménages français sont propriétaires non-accédants, c’est-à-dire qu’ils ont terminé de rembourser les emprunts de leur résidence principale.

Maisons Delmas

Le baromètre annuel publié par la cellule économique de la Fédération Nationale de l’Immobilier (FNAIM) dresse un panorama très instructif du logement en France, avec pour la première fois des éléments de comparaison au niveau européen.

3,5 millions de logements supplémentaires en 10 ans

Avec 35,7 millions d’unités au 1er janvier 2019, le parc de logements français est tout d’abord l’un des plus importants d’Europe et il s’est accru de 3,5 millions au cours des 10 dernières années. Cette évolution résulte bien sûr principalement de la construction neuve, mais aussi des mouvements affectant le parc existant : démolitions, restructurations et changement d’affectation. Sans écarter le fait qu’un nombre croissant de concitoyens éprouve des difficultés à se loger correctement, le président de la FNAIM, Jean-Marc Torollion, souligne que « l’amélioration des conditions de logement, et notamment l’augmentation de la surface habitable par personne, montre que la situation d’ensemble n’a rien de catastrophique. »

Le problème des logements vacants

Sur ces 35,7 millions de logements, 82 % sont utilisés comme résidences principales, 10 % comme résidences secondaires et 8 % sont vacants, c’est à dire inoccupés à la date du recensement, qu’ils soient disponibles ou non pour la vente ou la location. Jean-Marc Torollion admet que l’augmentation des logements vacants au cours des dix dernières années (de 2,23 millions à 3 millions de logements), notamment dans certaines villes moyennes comme Lens, Tarbes ou Nevers, est préoccupante. Pour autant, il rappelle que le plus souvent, l’inoccupation d’un logement ne résulte pas d’un choix délibéré du propriétaire et que la vacance est aussi nécessaire à la vie du parc de logements et indispensable à la fluidité du marché. Dans ce domaine, la France se situe d’ailleurs dans la moyenne des pays d’Europe de l’Ouest, dont les taux de logements vacants sont très disparates.

Les Français préfèrent la maison

En France, 56 % des logements sont des maisons (individuelles et mitoyennes), soit davantage que dans une majorité des pays d’Europe qui compte davantage de logements collectifs. Si la mobilité résidentielle est très variable selon la localisation et le statut d’occupation des logements (propriétaires ou locataires), la moitié des ménages habitent dans leur résidence principale depuis au moins 10 ans.

Propriétaires occupants

Après avoir longtemps augmenté, le taux de propriétaires occupants stagne depuis 6 ans, à 58 %. Ce taux se situe dans la moyenne européenne, avec généralement davantage de propriétaires en Europe du Sud qu’en Europe du Nord. Le taux de propriétaires est toutefois nettement inférieur à la moyenne nationale dans les 10 plus grandes villes de France, avec par exemple 33 % à Paris et seulement 27 % à Strasbourg.

10,9 millions de propriétaires non-accédants

A noter qu’une proportion de 38% de ménages français sont propriétaires non-accédants, c’est-à-dire qu’ils ont terminé de rembourser les emprunts de leur résidence principale. A l’opposé, 20% continuent à rembourser un emprunt. Parmi les 16,8 millions de propriétaires occupants, 10,9 millions (65 %) sont ainsi sans charge de remboursement de crédit (non-accédants) alors que 5,9 millions (35 %) supportent encore un emprunt immobilier.

Résidences principales

Dans le détail, sur 100 résidences principales, 60 disposent d’au moins 4 pièces, 21 ont 3 pièces et 19 ont 2 pièces ou moins. Près d’un quart des résidences principales ont été construites avant 1945, deux tiers entre 1946 et 2005, et 10 % depuis 2006.

Marché locatif

En 2019, parmi les 11,6 millions de ménages locataires, 57 % occupent un logement privé (6,7 millions), et 43 % un logement social (5 millions). En dix ans, le nombre de locataires du secteur privé a augmenté beaucoup plus vite (+12,9 %) que celui du secteur social (+6,6 %). Concernant le marché locatif privé, la forte hausse de la part des logements meublés est notable ces 10 dernières années, elle est notamment passée de 14 % en 2006 à 22 % en 2016 à Paris, où la proportion de meublés est deux fois supérieure à la moyenne nationale.

a savoir

En France, 700.000 ménages (soit une proportion de 2 %) ne sont ni propriétaires ni locataires : ils sont logés gratuitement.

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