Plus de 751.000 logements ont bénéficié d’une aide à la rénovation en 2021

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Les aides publiques à la rénovation des logements ont bondi de plus de 200% en 2021 après une année 2020 pourtant résiliente en dépit du Covid. En 2022, l'exécutif souhaite que la cadence s'accélère du côté des rénovations énergétiques "globales"...

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A l’occasion de la présentation de ses vœux, l’Agence nationale de l’habitat (Anah), en charge du service public de la rénovation du parc de logements privé, a dressé un bilan très positif de ses actions en matière de rénovation de l’habitat en 2021.

Missionnée par l’Etat dans la distribution d’aides publiques en faveur de la rénovation des travaux énergétiques, mais aussi de la redynamisation des centres villes et de la lutte contre les logements insalubres, l’Anah a soutenu financièrement 751.646 logements l’année dernière à hauteur d’une enveloppe globale de 3,11 milliards d’euros : un « bilan exceptionnel », s’est félicité hier soir la ministre en charge du Logement, Emmanuelle Wargon, qui représente une augmentation… de plus de 200% par rapport à 2020 !

Une hausse spectaculaire portée par MaPrimeRénov'

La croissance spectaculaire de ce soutien public a été principalement portée par le succès de MaPrimeRénov’. Lancée il y a deux ans en remplacement du CITE, cette prime à la rénovation énergétique a été sollicitée par plus de 764.000 ménages et accordée à plus de 644.00 d’entre eux en 2021, soit 4,5 fois plus qu’en 2020.

Les autres aides distribuées ont concerné les dispositifs relatifs à la rénovation énergétique globale (programmes Habiter Mieux et MaPrimeRénov’ Copropriété, 57.117 logements), à celle des copropriétés dégradées (Plan Initiative Copropriétés, 21.836 logements, dont les crédits alloués ont cette année été doublés dans le cadre du plan France Relance), à la redynamisation des centre villes (Action Cœur de Ville, 52.504 logements, et Petites Villes de demain, 15.780 logements), au traitement de l’habitat indigne et très dégradé (15.272 logements), et à la mobilisation du parc privé à des fins sociales (programme Logement d’abord, 8.371 logements).

Plus des deux tiers des aides MaPrimeRénov' ont concerné les ménages modestes et très modestes

Pour le président de l’Anah, Thierry Repentin, le succès de MaPrimeRénov’ est d’autant plus louable qu’il a bénéficié en priorité aux catégories de ménages les plus modestes : « 68% des bénéficiaires de MaPrimeRénov’ font partie des quatre premiers déciles de nos compatriotes », a-t-il déclaré, soulignant par ailleurs l’excellent taux de satisfaction globale du service ressorti de trois enquêtes d’opinion réalisées par l’Anah, qui atteint près de 90%.

Après un démarrage en douceur, compliqué par l’arrivée de la pandémie de Covid, les demandes des Français pour MaPrimeRénov’, une aide à la rénovation énergétique plus simple que le CITE et surtout plus intéressante pour les ménages modestes, ont afflué fortement dès le 2 semestre 2020.

15 jours de délai de traitement en moyenne

Quelque peu prise de court par ce succès, l’Anah avait essuyé quelques lenteurs au début de l’année dernière dans le traitement administratif des dossiers. Mais avec le retour progressif à la "normalisation" de la vie économique et des moyens renforcés, ces incidents ont été globalement résolus.

Actuellement, les délais de traitement des demandes sont de 15 jours ouvrés, assure l’Anah, avec 15.000 dossiers traités cette semaine et la mise à disposition d’une assistance supplémentaire de l’agence pour les dossiers les plus complexes.

Dans plus des deux tiers des cas, ces aides ont été mobilisées pour changer le système de chauffage (68%), suivi de l’isolation (26%) et de la ventilation (2%).

Une minorité – moins de 10% - ont cependant été adressées dans le cadre d’une rénovation énergétique globale. Considérées par les experts comme le principal moyen de réduire efficacement l’empreinte carbone d’un logement, les rénovations globales restent la priorité affichée du gouvernement, mais elles sont naturellement moins sollicitées car elles sont très onéreuses, et nécessitent a minima plusieurs semaines de travaux.

France Rénov', des ambitions fortes

Avec le renforcement de son service public d’aides à la rénovation énergétique cette année, l’exécutif espère toutefois que le rythme de ces opérations s’accélère.

Il compte en particulier les nouveaux "prêts avance rénovation", des crédits hypothécaires qui permettent de reporter le remboursement du reste à charge des travaux lors de la vente du logement ou lors d’une succession, mais aussi et surtout sur France Rénov’, le nouveau service public de la rénovation de l’habitat fusionnant deux réseaux existants (celui de l’Anah, et celui de l’Ademe) officiellement lancé ce mois-ci.

Se présentant désormais comme le guichet unique en matière d’aides publics, de conseil, d’information autour de la rénovation énergétique, et offrant un service d’accompagnement individualisé ("Mon Accompagnateur Rénov’"), il devrait être un élément de sécurisation des parcours de rénovation, et in fine d’accélération des projets de travaux "globaux".

Des efforts à poursuivre en faveur d'un cycle vertueux

« Attention toutefois à ne pas opposer gestes simples et rénovation globale », a déclaré la ministre du Logement. « Les nombreuses remontées du terrain montrent que très souvent, des Français qui ont fait un premier geste, continuent à intervalle raisonnable leur parcours de rénovation énergétique, car ils ont eu une bonne expérience », a-t-elle expliqué, pour souligner l’importance que les ménages poursuivent leurs efforts à hauteur de leurs possibilités financières et personnelles.

Pour 2022, l’Anah et le gouvernement se fixent un cap, tous champs de financement confondus, de soutien à la rénovation de 800.000 logements supplémentaires moyennant un budget encore réhaussé de 3,2 milliards d’euros, un objectif « conservateur », selon Emmanuelle Wargon, et qui pourrait comprendre potentiellement 685.000 MaPrimeRénov’.

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