Plan d’aide pour le Bâtiment : le compte n’y est pas pour la FFB

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Attention aux répercussions des surcoûts de construction sur le prix de vente des logements...

Quasiment à l’arrêt pendant la période de confinement (-88% début avril), le secteur du BTP est désormais bien reparti puisqu’on estime que seuls 1% des chantiers de travaux publics et moins de 15% des chantiers du bâtiment sont encore à l’arrêt. Ces chiffres ont été annoncés mercredi à l’occasion du plan de soutien du gouvernement pour accompagner cette reprise, intégré dans le troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020.

Mesures d’urgence

Conscient que les entreprises du bâtiment ont pris à leur charge de multiples surcoût liés aux mesures sanitaires adaptées à la reprise de leurs activités, avec souvent une baisse de la productivité des chantiers, le gouvernement propose des mesures d’urgence. Concernant ces surcoûts, une partie seulement serait prise en charge et uniquement pour les marchés publics.

Les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés pourront par contre demander dès 2020 le remboursement immédiat de leur stock de créances de report en arrière de leurs déficits ainsi que des créances qui viendraient à être constatées en 2020 du fait des pertes liées à cette crise sanitaire.

Les entreprises de moins de 50 salariés qui ont subi des pertes de chiffre d’affaires importantes bénéficieront de remises de charges sociales jusqu’à 50% sur leurs échéances des mois de mars à mai, sur simple demande à leur URSSAF. Toutes les entreprises pourront aussi demander un plan d’apurement de leurs charges sociales reportées depuis mars sur une durée pouvant aller jusqu’à 36 mois.

Le BTP va aussi bénéficier d’une nouvelle aide au recrutement des apprentis de 5.000 euros à 8.000 euros par contrat préparant à un diplôme jusqu’à la licence professionnelle.

Répercussion sur le prix de vente des logements

Pour la Fédération Française du Bâtiment, le compte n’y est pas. La FFB déplore la prise en compte partielle des seuls surcoûts directs (masques, gel hydroalcoolique, location prolongée des installations de chantier…) et uniquement pour les marchés d’État qui ne représentent que 2% du chiffres d’affaires du Bâtiment. La FFB ajoute que nombre d’entreprises n’ayant pas subi de chute d’activité supérieure à 50% sur la période du 1er février au 31 mai 2020, ne seront pas éligibles aux exonérations de charges sociales. A l’arrivée, si les coûts de construction augmentent, c’est une accélération de la hausse du prix de logements neufs qui est aussi à craindre car les constructeurs ne pourront pas absorber seuls tous les surcoûts.

Plan de rénovation énergétique à la rentrée

La FFB attend par ailleurs beaucoup du nouveau programme de rénovation énergétique qui devrait faire partie du plan global de relance de l’économie attendu à la rentrée. Les professionnels du bâtiment plaident aussi pour le retour à un taux réduit de TVA à 5,5 % pour l’ensemble des travaux. Concernant la rénovation énergétique des logements existants, la Fédération Nationale de l’Immobilier souhaiterait de son côté que toutes las aides soient regroupées dans un dispositif unique, simple et universel, qui n’exclut aucune catégorie de bénéficiaires, y compris les ménages les plus aisés.

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