Moins de propriétaires pourrait nuire aux locataires !

Politique Actu 0

La Fédération Nationale de l'immobilier poursuit son combat contre les mesures du gouvernement visant les propriétaires bailleurs et en particulier contre certaines mesures du projet de loi pour l'Accès au Logement et un Urbanisme Rénové (Alur).

Reuters

Tribune

Dans une Tribune publiée en fin de semaine dernière, le Président de l'organisation syndicale des professionnels de l’immobilier, Jean-François Buet, alerte une nouvelle fois les pouvoirs publics sur le risque de disparition des investisseurs particuliers qui sont pourtant une source importante d'offre de logements en location.

Des chiffres éloquents

Jean-François Buet souligne en effet que le parc locatif privé loge 6,5 millions de ménages en France quand le parc HLM en héberge 4,5 millions et que plus d'1 million de demande de logements sociaux restent insatisfaites. Il est donc flagrant que le pays a besoin des propriétaires privés et que la construction seule ne suffira pas à atteindre les objectifs.

La FNAIM estime d'ailleurs que pour 100 000 logements HLM de plus par an, 120 000 les meilleures années, ce sont entre 140 000 et 170 000 investissements locatifs privés qui se réalisent chaque année. Entre 40 000 et 70 000 concernent des logements neufs mais la majorité, de l'ordre de 100 000, se fait dans l'ancien.

Les derniers chiffres de la société de courtage en crédits immobilier Cafpi montraient déjà que la part des investissements locatifs dans les transactions sur le marché de l'ancien n'a cessé de baisser ces derniers mois pour tomber à 10% en juillet contre 16% en mars.

Effet pervers

"La perte de bailleurs privés serait très problématique pour les locataires", affirmait récemment Bernard Cadeau, le patron du réseau d'agences Orpi. Autrement dit, à trop "matraquer" les propriétaires bailleurs pour soulager les locataires, le gouvernement risque finalement de leur porter tort si, à l'arrivée, l'offre de logements en location diminue. La FNAIM dénonce notamment le projet de rééquilibrage des rapports locatifs qui va faire supporter de nouvelle charges aux bailleurs ou la délicate mise en place d'une garantie universelle des loyers qui risque de déresponsabiliser les locataires.

Cela s'ajoute au poids de plus en plus lourd de la fiscalité qui érode les rendements locatifs. Dans ce sens, l'augmentation des droits de mutation prévue l'an prochain va encore réduire les rendements, de même que les projets de refonte des bases cadastrales qui alourdiraient la taxe foncière.

Reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre

Pour l'agence francilienne Sadone Immobilier, accorder aux départements la possibilité d’augmenter les droits de mutation qu’ils perçoivent sur les ventes immobilières revient à reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre, c'est-à-dire l'abattement exceptionnel de 25% sur les plus-values à compter du 1er septembre. Avec la hausse des droits de mutation, le risque est grand d’annihiler l’effet de levier escompté avec l’allègement des plus-values et de voir à nouveau un vent de frilosité souffler sur le marché de l’immobilier, déplore ainsi Jean-Louis Sadone, fondateur de Sadone Immobilier.

Débat parlementaire

Alors que le débat parlementaire sur le projet de loi Alur doit reprendre le 10 septembre, la FNAIM espère encore une évolution du texte. Si l'Etat envoie des signaux positifs aux bailleurs, on peut sans conteste accroître de 20% le nombre des achats locatifs, et satisfaire 30 000 à 35 000 ménages de plus par an au bas mot, singulièrement en zone urbaine tendue grâce au logement ancien, affirme Jean-François Buet.

Commentaires