L’immobilier de luxe continue de faire rêver à Paris

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L’immobilier de luxe parisien aurait pourtant pu être pénalisé par la quasi-disparition des acquéreurs étrangers privés de déplacements par la crise sanitaire.

Daniel Féau

On le dit en perte de vitesse avec des prix qui ont commencé à se tasser depuis l’automne 2020 : le marché immobilier parisien connaît en effet une certaine désaffection avec une part croissante de résidents préférant s’éloigner de la capitale, vers la proche banlieue ou d’autres régions, pour bénéficier de prix moins élevés, d’une pièce supplémentaire, d’une grande terrasse, d’un coin de jardin ou d’un environnement plus vert. Mais le segment du luxe semble pour l’instant épargné comme le montre la dernière analyse du groupe d’agences Daniel Féau.

Acteur incontournable de l’immobilier haut de gamme parisien, Daniel Féau a réalisé l’an dernier un nombre de ventes comparables à celui de 2019 et à des prix moyens en nette hausse. Les agences Féau ont réalisé en 2020 à Paris une vente tous les trois jours entre 3 et 35 millions d’euros, à un prix moyen de 4,97 millions d’euros. Ces ventes ont été conclues à un prix moyen au m² de 18.667 € contre 17.091 € en 2019, soit une augmentation de 9,2%. Dans la gamme inférieure des biens entre 1,5 et 3 millions d’euros, le prix moyen a progressé de 6,1% à 14.893 € le m².

Pourtant peu d’acquéreurs étrangers

L’immobilier de luxe parisien aurait pourtant pu être pénalisé par la quasi-disparition des acquéreurs étrangers privés de déplacements par la crise sanitaire. Le réseau Daniel Féau confirme que cela a été le cas pour les clients chinois et surtout américains qui n’ont pas pu traverser l’Atlantique pendant de nombreux mois. Pour autant, sur le segment du très grand luxe, les clientèles du Moyen-Orient ont pu se déplacer grâce à leurs avions privés ! Au final, Daniel Féau observe que les acquéreurs européens et surtout français se sont en grande part substitués à sa clientèle internationale habituelle incapable de se déplacer, ce qui a pu expliquer la très bonne tenue des ventes sur le très haut de gamme.

Pour les biens à plus de 3 millions d’euros, la part des ventes effectuées par la clientèle internationale est ainsi passée de 42% en 2019 à 27% en 2020, les acquéreurs français représentant alors près de trois ventes sur quatre.

Offre figée

Daniel Féau ajoute que les quartiers chics de la capitale sont toujours très recherchés par la clientèle française et internationale, comme en témoigne la reprise intense d’activité dans ses agences dès la fin du second confinement. Pour le groupe, ces chiffres sont aussi et surtout la traduction du déséquilibre structurel du marché parisien dont l’offre est, et demeurera, notamment du fait de l’absence de construction neuve, figée face à une demande nationale et internationale toujours très présente. Cette absence de construction neuve dans les quartiers historiques de Paris permet d’ailleurs de garantir la préservation de ce patrimoine à long terme.

« Nous ne voyons pas comment l’étroitesse de l’offre pourrait disparaître à court et moyen terme et nous n’observons pas, loin s’en faut, un affaiblissement de la demande. La qualité de ses immeubles, la richesse de son offre dans tous les domaines culturels et sa beauté font toujours de Paris une des capitales les plus convoitées au monde », analyse le président de Daniel Féau, Charles-Marie Jottras. D’après lui, ce déséquilibre semble devoir perdurer si bien que le marché immobilier haut de gamme parisien restera tendu en 2021.

a savoir

Via son partenariat avec les agences Christie’s international Real Estate, le groupe a observé des évolutions contrastées dans d’autres capitales au cours de l’année 2020 sur les biens de luxe. Les villes de New York, Tokyo, Shangaï, Dubaï notamment ont connu une baisse plus ou moins légère de leurs prix au m², en grande partie parce qu’elles disposent d’une offre de constructions neuves ou récentes non négligeable. En revanche les prix de Beverly Hills ou de Miami ont été en légère hausse.

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