Les villes les plus chères n’attirent pas leur périphérie dans la spirale haussière

Tendance Actu 0

Les notaires ont analysé les écarts de prix entre ville et périphérie. Une amplitude qui n'est pas la même en fonction des périodes, de hausse ou de baisse des prix.

Alexandra Saintpierre

A l’occasion de la publication de leur note de conjoncture, les notaires de France publient une synthèse de l’évolution des prix ces dernières années. Celle-ci constate « des écarts plus forts dans les métropoles plus dynamiques » sur la période récente.

Entre 2008 et 2018, les évolutions de prix des maisons sont davantage favorables dans les métropoles que dans leurs territoires avoisinants. Mais les écarts varient en fonction du dynamisme des marchés : les métropoles qui progressent le plus enregistrent les écarts avec leurs périphéries les plus élevés, selon les notaires. Ainsi, à Bordeaux, les prix des maisons ont progressé de 42% dans la métropole contre moitié moins pour sa périphérie ; à Nantes de 15 % contre 5 %, à Toulouse de 12 % contre 2 % et à Lyon de 14 % contre 1 % selon les notaires. A l’inverse, « les métropoles qui baissent se caractérisent par des écarts modérés avec leurs périphéries ». Par exemple, les prix ont baissé de 8% dans la métropole de Dijon et de 9% en périphérie, à Grenoble respectivement de 6 % et 7 %, ou à Metz de 6 % et 10 %.

Des disparités accentuées en période de hausse des prix

Le détail des évolutions durant chacune des phases haussières et baissières montre par ailleurs que « les disparités sont plus fortes durant les phases haussières » : durant la période haussière de 2009-2011, près de la moitié des métropoles accusent des écarts d'évolution de prix avec leurs périphéries supérieurs à 3 points. Un maximum de 8 points est atteint pour Rennes (+13% dans la métropole et +5% pour sa périphérie), par exemple. Durant la période haussière qui a suivi, 2015-2018, les disparités sont également significatives avec pour Bordeaux et Metz des écarts qui montent jusqu'à 9 points.

Enfin, durant les deux périodes de baisse des prix (2008-2009 et 2011-2015), les écarts entre les métropoles et leurs périphéries sont supérieurs à 3 points uniquement pour le quart d'entre elles environ, concluent les notaires.

A savoir

En avril 2020, les volumes relevés sur le marché français ancien s’établissaient à 973.000 transactions sur un an, selon les notaires. Pour la première fois depuis mi-juillet 2015, l’évolution sur un an des volumes de transactions est négative (-1,2 %). Hors état d'urgence sanitaire, le marché semble amorcer une tendance naturelle de ralentissement de hausse des prix, face à des volumes légèrement fléchissants. Une étape de mi-année qui constitue, d'après eux, un « palier de conjoncture immobilière, l’ultra-dynamisme de 2019 semblant s’être quelque peu assagi ».

Commentaires