Les promoteurs immobiliers veulent réconcilier les Français avec l’acte de construire

Politique Actu 0

Sous l’égide de son nouveau président, Pascal Boulanger, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) va concentrer son action à la "réconciliation des citoyens et des élus avec la construction neuve".

studioanna

Pascal Boulanger (en photo) prenait ce jeudi 1er juillet les rênes d’une fédération qu’il connaît bien. Patron du groupe éponyme de promotion immobilière et de services aux entreprises, il succède à Alexandra François-Cuxac à la présidence de la Fédération de promotion immobilière (FPI), dont il est adhérent depuis plus de 25 ans.

A moins d’un an de la présidentielle, dans cette période marquée par l’urgence d’une relance économique ambitieuse et durable, la FPI a du pain sur la planche.

En 2020, en plus d’être une année électorale toujours défavorable aux projets immobiliers, le secteur a subi de front les conséquences de la pandémie : sur cette période, les permis de construire accordés ont chuté de plus de 20% pour les logements collectifs et de plus de 21% pour les bureaux. Et au 1er trimestre 2021, leur nombre pour les logements reste toujours en retrait de 15,6%.

Perspectives moroses pour le neuf

Pour la filière, les perspectives "post-Covid" demeurent par ailleurs moroses, puisque la flambée du coût des matières premières, les ruptures des chaînes d’approvisionnement, ainsi que la future RE 2020, norme environnementale de construction qui s’imposera dès l’année prochaine, devraient peser tant sur le rythme de production que sur le coût des programmes ; quant au projet de loi Climat et Résilience en préparation – en particulier son volet consacré à la lutte contre l’artificialisation des sols – il promet aussi son lot de contraintes à la profession.

Et puis il y a la toile de fond avec laquelle elle doit aujourd’hui composer : entre la franche victoire d’Europe-Ecologie Les Verts aux municipales de 2020 et la priorité politique de l’urgence climatique advenue depuis la crise, davantage d’élus locaux (qui ont la main sur les permis de construire) portent des exigences de transformation et de verdissement de leurs territoires qui peinent à s’accorder avec des programmes denses, verticaux, et budgétairement contraints...

Refus de permis

« De plus en plus d’élus refusent de nous accorder les permis de construire alors que les besoins en logements n’ont jamais été aussi importants », s’est alarmé le nouveau président de la FPI devant la presse mardi 29 juin. « En allant à la rencontre de nos adhérents dans les régions, nous avons été étonnés et marqués de constater que ce sujet évacuait tous les autres. »

Forts de ce constat, Pascal Boulanger et le bureau de la FPI renouvelé vont mener « un combat culturel pour redonner sa légitimité au neuf » en « réconciliant les citoyens et les élus » avec l’acte de construire.

Le bras de fer entre les municipalités et la promotion immobilière ne date pas d’hier. Mais face à une reprise difficile pour la construction neuve, la nouvelle équipe de la FPI a décidé de changer de méthode : tendre un calumet de la paix aux élus, et se lancer dans une opération de séduction auprès du grand public.

Faire adhérer les habitants

« Les promoteurs ont peut-être trop longtemps fustigé les élus, reconnaît le président de la fédération. Bien souvent, ils sont les premiers à reconnaître les besoins en logement de leur commune mais doivent se plier à l’opinion de leurs administrés. C’est donc à la population que nous devons faire admettre l’acte de construire, un acte nécessaire, utile et noble qui constitue une réponse sociale et économique à côté de la rénovation du parc existant, elle aussi nécessaire », explique-t-il.

Une profession de foi pragmatique qui passera dans un premier temps par des « travaux de réflexion multidisciplinaires » auxquels la FPI souhaite associer des architectes notamment, reconnaissant au passage que la promotion immobilière a peut-être quelques efforts à fournir sur la qualité esthétique générale de ses réalisations, « et sans que cela ne coûte forcément plus cher ».

Faire accepter l’acte de construire à la hauteur des besoins est un objectif aussi louable qu’ambitieux, avec d'un côté, un marché français de l’immobilier structurellement déséquilibré depuis plus de 20 ans, et de l'autre, des Français qui ont replacé la "qualité de vie" et l'écologie au cœur de leurs préoccupations.

Lors de la dernière campagne présidentielle, la question du logement avait clairement brillé par son absence. Mais avec l’urgence d'un développement durable post-pandémie, on peut espérer que la prochaine élection s’en empare. La FPI pourra alors profiter de ce fer de lance pour faire entendre sa voix.

Crédit image : studioanna

Commentaires (1)
  • exige
    exigeposté le 02.07.2021 à 11:11

    Pour une réelle réconciliation, il faudrait que les promoteurs arrêtent de construire des logements pleins de défauts, de malfaçons, de matériaux de basse qualité vendus pour du haut de gamme, etc !