Les écarts de taux d’emprunt se creusent en fonction des profils

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En moyenne, on emprunte aujourd'hui autour de 1,20% sur 15 ans, 1,40% sur 20 ans et 1,60% sur 25 ans avec des meilleures offres descendant jusqu'à 0,75% sur 15 ans, 0,9% sur 20 ans et 1,05% sur 25 ans.

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Le mois de mars s’accompagne d’une relative stabilité des taux d’emprunt immobiliers. Les nouveaux barèmes mensuels reçus par les courtiers ont généralement été reconduits par rapport à février malgré quelques mouvements contraires : certaines banques ont légèrement réduit leurs taux pendant que d’autres les ont remontés. En moyenne, les taux restent ainsi autour de 1,20% sur 15 ans, 1,40% sur 20 ans et 1,60% sur 25 ans avec des meilleures offres descendant jusqu'à 0,75% sur 15 ans, 0,9% sur 20 ans et 1,05% sur 25 ans.

Les écarts se creusent en fonction des profils

Au-delà des taux, c’est surtout le resserrement des conditions d’octroi des crédits qui impacte le marché. Tous les courtiers constatent en effet une plus grande sélectivité des banques en défaveur des tranches de revenus les plus modestes, des dossiers sans apport ou des durées d’emprunt les plus longues. Les banques ont d’ailleurs tendance à remonter leurs taux pour ce type de profils contrairement aux meilleurs dossiers qui bénéficient encore plus facilement de décotes.

« Depuis fin janvier, on constate chaque jour l’impact des recommandations du HCSF aussi bien dans les critères des banques que sur les grilles de taux. Les taux restent globalement très attractifs, mais les banques les remontent sur les durées de 25 ans, les revenus les plus faibles ou avec peu d’apport. A l’inverse, les emprunteurs avec 20 % d’apport – 10 % pour financer les frais + 10 % de la valeur du bien – qui achètent leur résidence principale et qui peuvent rembourser leur crédit sur 20 ans sans dépasser 33 % d’endettement obtiennent toujours des taux très avantageux ! Une banque propose même désormais une décote de taux de 0,10 % lorsque le critère des 33 % est respecté », constate Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer.

Facteurs bloquants

Chez le courtier Emprunt Direct, on constate que la demande d’apport renforcée et la limitation à 25 ans de la durée d’emprunt deviennent des facteurs bloquants pour les primo-accédants. « Pour les investisseurs, les restrictions liées au taux d’endettement de 33% (sans prise en compte des futurs revenus apportés par les loyers) viennent brider leur capacité d’emprunt qui était jusqu’alors souvent tolérée entre 35% et 40%, afin de tenir compte du futur complément de revenus qui réduisait de fait l’endettement réel », explique Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt Direct.

Nouvelle baisse des taux obligataires

Bonne nouvelle quand même, les tensions apparues dernièrement sur les marchés boursiers ont eu pour conséquences de réduire à nouveau les taux obligataires avec un rendement des OAT 10 ans qui évolue actuellement autour de -0,35%, désormais proches des plus bas observés à l'été 2019. Cela redonne donc des marges de manœuvre aux banques pour conserver des taux d’emprunt très bas, d’autant que la Banque Centrale Européenne va devoir poursuivre sa politique de taux accommodante.

Taux des emprunts immobiliers en mars 2020
L'Argent&Vous d'après les barèmes des courtiers
Durée d'emprunt10 ans15 ans20 ans25 ans
Taux moyen1,10%1,20%1,40%1,60%
Taux minimum pour les meilleurs profils0,50%0,75%0,90%1,05%
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