Les conditions d’accès au crédit immobilier se durcissent brusquement

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Artémis courtage parle même d’un ajustement brutal du comportement des banques dans la sélection des dossiers...

Reuters

Tour à tour, les courtiers confirment un resserrement des conditions d’accès au crédit immobilier dicté par les recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF). A l’occasion de la deuxième vague d’une étude sur les aspirations des Français face à la propriété immobilière, Artémis courtage, un des principaux groupes de courtage en crédits immobiliers et assurance emprunteur avec 70 agences en France, parle même d’un ajustement brutal du comportement des banques dans la sélection des dossiers.

Le reste à vivre n’est souvent pas pris en compte

« Certaines banques nous ont averti qu’elles n’acceptent plus aucun financement avec un taux d’effort supérieur à 33%, sans prise en compte du reste à vivre », explique Ludovic Huzieux, directeur associé d’Artémis Courtage. Une position qui va même au-delà des recommandations du régulateur qui a prévu une marge avec 15% de la production de crédits pouvant dépasser les critères retenus (33% de taux d’endettement et une durée de crédit maximale de 25 ans), en particulier pour les primo-accédants. « Certains dossiers qui étaient acceptés il y a quelques mois sont aujourd’hui refusés et cela impacte autant la résidence principale que l’investissement locatif », constate Ludovic Huzieux. Bien sûr, l’impact est plus problématique dans les régions où les prix sont élevés et pour les primo-accédants aux revenus modestes.

Investissement locatif

L’étude commandée par Artémis courtage auprès d’OpnionWay montre que si l’investissement locatif est considéré comme secondaire par 78% des français qui souhaitent dans un premier temps acquérir leur résidence principale, les plus jeunes sont davantage dans l’optique d’acheter un bien immobilier pour le louer que leurs aînés. 40% des 25-34 ans déclarent notamment qu’ils ont l’intention de réaliser un investissement locatif. Or pour l’investissement locatif, les banques appliquent désormais à la lettre la méthode isolant d’un côté les revenus et de l’autres les charges (avec une décote de 70% sur les revenus locatifs). Beaucoup d’investisseurs, à fortiori les plus jeunes, risquent ainsi de se heurter au taux d’endettement de 33%.

Moins de concurrence pour obtenir le meilleur taux

Autre conséquence du resserrement des conditions d’accès au crédit, lorsqu’une dizaine de banques répondaient auparavant à une offre de financement proposée par Artémis Courtage, seules 2 ou 3 banques peuvent aujourd’hui y être favorables. Pour l’emprunteur, cela signifie moins de choix avec à la clé une mise en concurrence moins forte pour obtenir le meilleur taux d’emprunt…

A confirmer dans les prochains mois

Surpris par une telle application brutale des recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière par les banques, Ludovic Huzieux espère cependant que la situation se détende un peu durant les prochains mois. Il n’est d’ailleurs pas sûr que les banques soient prêtes à sacrifier leurs objectifs de production de crédits immobiliers qui reste un excellent produit d’appel pour capter ou fidéliser des clients.

Les consigneS du HCSF

Tout en reconnaissant les vertus du modèle de financement du logement prévalant en France (crédits à taux fixe pour des maturités raisonnables octroyés sur la base d’une analyse de la capacité de remboursement des ménages emprunteurs), le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) recommande depuis décembre 2019 aux banques de limiter le taux d’effort à 33% du revenu net de l’emprunteur sur une durée de crédit qui n’excède pas 25 ans. Le HCSF admet cependant que jusqu’à 15% de la production de crédits pourrait s’écarter du strict respect de ces critères, dont les trois-quarts réservés exclusivement aux primo-accédants et aux acquéreurs de leur résidence principale, dans la limite d’un endettement inférieur à 7 années de revenus.

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