Le spécialiste du "néo viager" Monetivia lève 2,5 millions d'euros

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La jeune société, qui s'est fait connaître grâce à une solution originale de viager, vient d'ouvrir son capital à Initiative & Finance. Monetivia souhaite s'imposer comme le leader de la nue-propriété dans l'immobilier ancien.

Monetivia

Monetivia, acteur français de la nue-propriété et d’une nouvelle forme de viager (lire encadré), a annoncé jeudi 24 mars avoir bouclé une levée de fonds de 2,5 millions d’euros auprès d’Initiative & Finance, spécialiste du private equity sur le segment des small et midcap.

C'est la première fois que la société lancée en 2016 par Thomas Albinal et Amaury de Calonne ouvre son capital à un fonds d’investissement. Initiative & Finance « restera minoritaire », ont précisé ses fondateurs à la presse, mais ils n'ont pas souhaité communiquer sur la valorisation actuelle de la structure.

25 M€ visés dans cinq ans

Avec cette levée de fonds, Monetivia entend donner un coup d’accélérateur à son développement. Son objectif est de devenir « le leader de la vente en nue-propriété dans l’ancien », en portant son chiffre d’affaires « de plusieurs millions d’euros aujourd’hui » à 25 millions d’euros d’ici à cinq ans.

En un peu plus de cinq ans, Monetivia a scellé quelque 200 opérations de nue-propriété pour une valeur totale de plus de 200 millions d’euros. Sur ce marché de niche, mais promis à un bel avenir, cette société de taille encore modeste (15 collaborateurs, et une demi-douzaine d’implantations dans l’Hexagone) va orienter ses investissements dans la communication, l’ouverture de nouveaux bureaux et le renforcement de ses équipes.

Monétiser l'immobilier des seniors

Si Initiative & Finance a investi dans Monetivia, c’est parce que la société « a des offres à valeur ajoutée sur deux marchés en croissance : celui de la monétisation de l’immobilier des seniors ; et celui de l’investissement immobilier en nue-propriété », a expliqué à la presse Thierry Giron, directeur général et associé de la société d’investissement.

Entre le vieillissement de la population, l’amenuisement des caisses de retraite et la crise sanitaire, qui a replacé la question de la santé au cœur des préoccupations des Français, les investisseurs financiers s’intéressent de près à la silver economy.

Intéressantes alternatives aux investissements locatifs classiques, les opérations de démembrement – des montages fiscaux et patrimoniaux éprouvés en immobilier – ont particulièrement le vent en poupe.

Décote

Pour les retraités, qui souhaitent réaliser une donation à leurs enfants, financer leurs soins ou disposer simplement d’un complément de revenus – ces solutions leur permettent en effet de "monétiser" leur résidence principale tout en restant dans les lieux. Pour les investisseurs, elles sont en général très rentables, grâce à la décote du prix d’acquisition et l’absence d’aléa sur le versement des loyers.

A ces avantages s’ajoutent une fiscalité douce pour les vendeurs (donation et succession) comme pour les acheteurs (impôts allégés grâce à la décote et à l’absence de revenus fonciers, pas d’IFI durant la période démembrée…) ainsi qu'une gestion du bien facilitée (le vendeur reste dans les lieux, l’acheteur est déchargé de l’ensemble des charges de propriété à l’exception du clos et du couvert).

En photo de l'article : cette propriété immobilière à Saint-Tropez a fait l'objet de l'opération de démembrement la plus importante du marché en 2021, selon Monetivia, porteur du projet. Cédée en nue-propriété à 16,7 millions d'euros avec un usufruit temporaire de 10 ans.

Le néo-viager de monetivia

En plus des opérations classiques de nue-propriété, Monetivia s’est fait connaître dans le secteur grâce à une innovation relative au viager : une vente en nue-propriété "à prix ajusté". Si le vendeur décède plus tôt que prévu (selon la table de mortalité sur laquelle s’appuie le contrat), ses héritiers pourront profiter d’un prix revu à la hausse (l’acheteur s’engage à verser un complément). Et au contraire, s’il vit plus longtemps, le vendeur sera pour sa part couvert par l’assureur Allianz, qui lui versera une rente.

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