Le coup de frein sur les prix se confirme en région parisienne

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Les prix sont désormais légèrement orientés à la baisse à Paris. La flambée du prix des maisons en Petite Couronne et Grande Couronne se calme aussi...

Barnes

On a beaucoup parlé ces derniers mois d’un revirement des prix de l’immobilier à Paris, accompagné d’un fort intérêt pour les maisons en banlieue. La dernière étude de la Chambre des notaires du Grand Paris montre en effet un recul significatif du nombre de transactions et un coup de frein sur le prix des appartements parisiens mais il est encore difficile de parler d’un véritable changement de tendance à la baisse. « Il y a bien eu un coup de frein après l’été 2020 mais les prix sont encore très résistants et on ne s’attend pas à de fortes baisses. Aujourd’hui encore, si le prix est bien évalué, les ventes peuvent se dérouler sans négociations », observe Thierry Delesalle, président de la commission des statistiques immobilières et notaire à Paris.

Les prix sont désormais légèrement orientés à la baisse

Les notaires situent le point haut des prix dans la capitale à 10.850 € le m² l’an dernier mais leurs indicateurs avancés issus des promesses de vente font apparaître aujourd’hui une valorisation moyenne de 10.610 € le m², laissant apparaître une baisse de 2,2%. « Le marché se détend, ce qui est bienvenu après 5 années de hausse continue », confie Thierry Delesalle. Compte tenu des hausses passées, les prix des appartements parisiens resteraient d’ailleurs encore en légère augmentation sur un an.

Même si la présence des étrangers à fortement diminué (le taux d’acquéreurs non-résidents est tombé à 1,8% contre 2,5% à 3% en temps normal), des ventes record sont signalées par les notaires sur de grands appartements familiaux comme ce 182 m² avec garage dans le quartier Notre-Dame-des-Champs (6e arrondissement) vendu plus de 32.000 € le m². La preuve que Paris peut toujours faire rêver malgré ses restaurants fermés et sa vie culturelle à l’arrêt.

Pour les appartements en Petite Couronne, les promesses de ventes confirment aussi une légère érosion des prix qui devrait modérer la hausse de 2020 (+4,2% à 5.290 € le m²). La moyenne de prix tend ainsi à repasser juste sous les 6.500 € le m² dans les Hauts-de-Seine (encore +3,7% sur un an) et ne franchit pas encore les 4.000 € en Seine-Saint-Denis (+5,7% sur un an). Certaines villes ont encore connu des envolées spectaculaires l’an dernier comme Montreuil (près de 10% de hausse à 6.300 € le m²) ou Levalllois qui se rapproche des 10.000 € le m².

Des hausses de prix exceptionnelles sur les maisons

Face à ce ralentissement dans la Capitale, les maisons ont continué de se démarquer. « Cela faisait 10 ans qu’une hausse pareille n’avait pas été observée », déclarent les notaires au sujet des tendances du quatrième trimestre 2020. Le prix de vente moyen d’une maison ancienne en Petite Couronne a ainsi atteint un montant record de 411.000 €.

Le marché de la maison a bel et bien profité d’une attractivité renforcée avec une croissance de ses volumes de ventes imputable à la Grande Couronne où l’offre est abondante et les prix plus modérés. Les notaires de Grande Couronne indiquent ainsi rencontrer davantage d’acquéreurs parisiens et de la Petite Couronne que dans le passé, intéressés par de grandes maisons. Les mouvements de transformations des modes de vie et des attentes des acquéreurs liés à la crise sanitaire semblent donc à l’œuvre, « même si l’on ignore encore s’ils vont se prolonger », modèrent les notaires.

Saisonnalité perturbée

En fonction de l’éloignement de Paris, les prix des maisons restent très hétérogènes puisqu’on se situe souvent à plus de 700.000 € dans les Hauts-de-Seine, plus du double des prix de la Seine-Saint-Denis qui tournent autour de 300.000 €. Le département le plus accessible reste la Seine-et-Marne autour de 260.000 €. Ces prix fléchiraient désormais, ce qui semble lié à la saisonnalité traditionnelle qui a été décalée par la crise sanitaire. Alors qu’habituellement, le boom des achats immobiliers se fait au printemps en prévision d’une installation avant la rentrée, les confinements de 2020 ont perturbé ce cycle en le décalant de 6 mois.

Difficile donc de faire des pronostics pour la suite. Les notaires admettent que les prochains mois « seront la résultante, complexe et incertaine, d’un contexte économique qui pourrait se durcir pour les ménages et d’une situation sanitaire toujours très fragile » mais identifient des facteurs de soutien toujours à l’œuvre : « désir d’accession et taux d’intérêt toujours attractifs ». D’autant que la pierre semble rester le placement préféré des Français.

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