La fiabilité du diagnostic de performance énergétique de nouveau mise en doute

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60 Millions de consommateurs vient de publier une enquête mettant en évidence de nombreuses erreurs de DPE.

Renov-Evolution

Après des premières difficultés l’automne dernier, le nouveau diagnostic de performance énergétique (DPE) semble toujours poser des problèmes de fiabilité. Le magazine 60 Millions de consommateurs vient de publier une enquête mettant en évidence de nombreuses erreurs.

20 diagnostics ont ainsi été réalisés de début février à mi-mars 2022 par 4 propriétaires de maison qui ont chacun contacté 5 diagnostiqueurs. 60 millions évoque des classes énergétiques (de A à G) différentes pour une même maison avec pour chacune au moins deux lettres différentes, voire trois.

« Erreur de superficie, portes ou fenêtres oubliées, isolation mal prise en compte, chauffage et production d’eau chaude mal évalués… Le bilan n’est pas flatteur pour la profession. Il laisse envisager un important contentieux devant les tribunaux », dénonce 60 millions.

Un document opposable avec des enjeux croissants

Depuis sa réforme de juillet 2021, le DPE est en effet devenu opposable, c’est-à-dire utilisable pour un recours alors qu’auparavant il n’avait qu’une valeur informative. Les motifs de contestation vont aussi devenir plus nombreux puisque la note du DPE conditionnera bientôt la possibilité de louer son logement. Dès le 1er janvier 2023, les logements les plus énergivores (avec une consommation supérieure à 450 kWhep/m²/an) ne pourront plus être mis en location par leurs propriétaires. La même interdiction s’appliquera en 2025 pour l’ensemble des logements ayant une étiquette énergétique G, puis en 2028 pour les étiquettes F.

Dès la fin août 2022, les loyers des logements classés F ou G, autrement dit ceux considérés comme des « passoires thermiques », ne pourront plus être augmentés. A partir de septembre 2022, la réalisation d’un audit énergétique deviendra par ailleurs obligatoire pour les maisons classées F ou G.

Si le DPE contient des erreurs, l’acheteur ou le locataire pourra donc en théorie agir en justice pour obtenir réparation. Pour 60 millions, la formation des diagnostiqueurs doit donc être absolument renforcée.

Commentaires (1)
  • a1039
    a1039posté le 24.05.2022 à 17:36

    C'est surtout une décision technocratique qui devrait être révoquée. Dans une étape précédente, il était possible de fournir les factures réelles d'énergie consommée. Bien sûr, il y avait des biais comme les habitations utilisées à temps partiel. Mais, pour du temps plein, cela devrait primer sur des logiciels manifestement à la ramasse dans un certain nombre de configuration (chauffage électrique et bonne isolation thermique, notamment).