La baisse des prix de l’immobilier ancien serait plutôt pour 2021

Tendance Actu 0

Le groupe bancaire BPCE s’attend à un ajustement limité et décalé des prix face à la baisse des volumes de transactions attendue cette année et l’an prochain.

Reuters

« Un scénario de rupture sur les volumes avec un impact limité sur les prix » : c’est la prévision du groupe bancaire BPCE concernant l’immobilier résidentiel pour 2020 et 2021. De plus de 1 million de transactions de logements anciens l’an dernier, BPCE estime qu’on devrait tomber à 820.000 transactions en 2020 (-23%) avant de revenir à 850.000 transactions en 2021.

Pas de baisse des prix cette année

Sachant que les prix s’ajustent toujours avec retard sur les volumes et de manière plus faible, le directeur des études du groupe BPCE, Alain Tourdjman, évoque un décalage de 6 mois à 1 an de ce ralentissement sur les prix dans l’ancien qui résisteraient en 2020 (+3%), avant de se replier légèrement en 2021 (-2%).

« Une rupture sur les volumes ne signifie pas de rupture des prix en raison de l’inertie du marché immobilier, c’est pourquoi nous assisterons très probablement à une légère hausse des prix cette année avant une légère baisse en 2021 qui restera limité grâce à des taux d’emprunt toujours très bas », explique Alain Tourdjman. Il estime aussi que très peu de ventes de détresse seront réalisées. A l’inverse, les projets d’accession qui n’ont pas abouti à cause de la crise sanitaire seraient davantage reportés qu’annulés.

BPCE identifie ainsi trois facteurs de nature à limiter une correction des prix : le coût du crédit très bas qui soutient la solvabilité des acquéreurs, la résilience de l’immobilier français par rapport aux marchés financiers et la résistance des zones urbaines face aux zones rurales.

Trou d’air dans le neuf

Si l’ancien résiste, c’est aussi parce qu’il y aura moins d’offre de logements neufs. BPCE estime que les ventes d’appartements neufs pourraient baisser de 37% à 81.000 unités en 2020 alors que le redémarrage des chantiers de construction en mode dégradé a eu pour conséquences un allongement des délais de livraison. Ces retards de livraison sont même susceptibles de décourager certains acheteurs qui pourraient alors se tourner vers l’ancien.

Quant au marché de la maison individuelle, il est touché de plein fouet par le durcissement des conditions d’octroi des crédits (les fameuses recommandations du HCSF) auprès d’une clientèle aux revenus généralement plus modestes et donc davantage sensible à la crise économique. BPCE craint un point bas historique d’activité avec moins de 100.000 maisons neuves vendues en 2020 et 2021. On peut donc imaginer que le plan de relance du secteur immobilier devra s’attacher à cibler la maison individuelle, le levier du prêt à taux zéro restant par exemple très efficace lorsqu’il est bien calibré.

Commentaires (4)
  • ponzi1
    ponzi1posté le 03.08.2020 à 11:21

    Tout le monde serre les fesses en espérant que les multi-propriétaires ne se mettent pas à vendre ce qu'il n’habite pas , que les autres remboursent bien leur crédit et que le nombre de successions ne se mettent pas à flamber...

  • La censure...
    La censure... posté le 02.08.2020 à 17:23

    Avec la profusion de liquidités dont les gouvernements et les banques centrales ont inondé le marché à taux zéro, il y a de grandes probabilités pour que des financiers les utilisent en placements peu risqués donc en immobilier.

  • Fred31
    Fred31posté le 27.07.2020 à 11:11

    Vous y croyez encore à la baisse de l'immobilier ? :-)

  • ALAIN778
    ALAIN778posté le 23.07.2020 à 14:05

    On verra mon cochon

Immobilier
Analyse0

Quel avenir pour le PTZ et le Pinel à l’heure de la relance ?

Les professionnels de la construction appellent à répondre à court terme aux difficultés rencontrées par les nombreux ménages fragilisés par la crise économique et le resserrement des conditions d’octrois des crédits par les banques...

Lire la suite