Immobilier francilien : les ventes chutent mais les prix résistent au 1er trimestre

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Les prix font de la résistance au premier trimestre dans la région parisienne, contrairement au nombre de transactions qui a sensiblement marqué le pas.

Barnes

Le coup d'arrêt sur les transactions immobilières est visible. Comme attendu, sur le premier trimestre, les volumes de vente des logements anciens ont chuté de 22 % en Île-de-France, à 31.010 unités, selon les Notaires du Grand Paris. « Le confinement a créé des points d’arrêt dans les flux qui ont empêché le démarrage, la concrétisation et la finalisation des projets », analysent-ils, laissant voir des volumes qui se situent également 10 % en-dessous de la moyenne de ces dix dernières années. Une baisse plus marquée pour les appartements parisiens (-23 %) que pour les appartements de la grande couronne (-13 %). Mais le mouvement est plus marqué pour les maisons, et ce quelle que soit la localisation : -27 % en petite couronne, -26 % en grande couronne.

Des prix toujours orientés à la hausse

En revanche, côté prix, les notaires n'observent pas encore de mouvement contraire au premier trimestre, la hausse restant de mise dans la région francilienne. En Île-de-France hors Paris, ils affichent 6.430 euros par mètre carré (+6,8 % sur un an), et dans la capitale 10.460 euros par mètre carré (+8 % sur un an). Un mouvement également haussier, quoique de moindre ampleur, pour les maisons qui se sont négociées 319.000 euros (+3,4 % sur un an). D’après les indicateurs avancés des notaires, les hausses de prix de vente devraient se prolonger également jusqu’en juillet 2020. Il est notable que les avant-contrats, signés jusqu’en avril, ont pour une petite partie d’entre eux été effectués pendant la période de confinement.

Une résistance à prendre avec précaution

« Cette résistance du niveau des prix doit être mise en perspective avec un faible volume de ventes et d’avant-contrats et ne saurait être interprétée qu’avec précaution comme la poursuite de la tendance antérieure », avancent toutefois prudemment les notaires. En effet, selon ces derniers « il est encore trop tôt pour se prononcer sur la façon dont la sortie du confinement va se traduire sur l’activité », alors que le recul des ventes fait suite « à un choc exogène et inédit, sur un marché porteur où les fondamentaux étaient encore bons (prix certes élevés mais taux d’intérêt bas, marché du travail et revenus en amélioration, confiance dans la pierre) ». Qui plus est, dans ce contexte incertain, « les prix de tous les marchés immobiliers n’évolueront d’ailleurs pas nécessairement parallèlement » selon les notaires.

Des nouveaux besoins qui demandent encore à être confirmés

Quant aux modifications structurelles de la demande, comme les besoins d’espace, d’extérieur et de verdure actuellement constatées par certains observateurs, elles « demandent à être confirmés au regard des contraintes qu’elles supposent, que celles-ci soient économiques, pratiques, urbaines (acceptation de l’éloignement et remise en cause de la densification urbaine qui faisait consensus jusqu’à présent) et des effets sur le logement du développement, confirmé ou non, du télétravail ». Les besoins des ménages restent certes « très élevés », mais ils demeurent confrontés à un problème de solvabilité qui va s’accentuer avec les effets de la crise actuelle, alors que les refus de prêts par les établissements bancaires sont en augmentation. Enfin, l'inconnue la plus forte réside dans l'évolution de la situation sanitaire, qui « peut à tout moment venir perturber la reprise ». Et changer considérablement la donne.

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