Hausse inquiétante des refus de financements immobiliers

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Le taux de l'usure, un plafond légal fixé chaque trimestre par la Banque de France, a contraint les banques à éjecter "automatiquement" beaucoup de dossiers depuis le début de l'année.

Eliosor

Entre la remontée des taux d’intérêt, l’inflation qui grignote l’endettement des ménages, et surtout, le plafond légal du taux d’usure, les conditions pour obtenir un crédit immobilier se sont fortement tendues ces derniers mois.

D’après un sondage Opinion System commandé par l’association française des intermédiaires en bancassurance (Afib), 45% des demandes refusées depuis le 1er janvier par les établissements l’ont été en raison de ce taux d’usure, le maximum légal auxquels les ménages peuvent emprunter, tous frais compris (taux d’emprunt, assurance, frais de dossiers : le taux annuel effectif global de l’emprunt, le TAEG).

Effet ciseaux

Fixé par la Banque de France chaque trimestre, le taux d’usure, normalement pensé pour protéger les ménages d’une situation de surendettement, créé aujourd’hui un effet ciseaux : actuellement à 2,57% pour les prêts de vingt ans ou plus, alors que les taux d’emprunt bancaires moyens se rapprochent des 2%, il écarte de facto beaucoup de candidats à l’achat immobilier. Car si l’on ajoute le taux de crédit à une assurance emprunteur, qui représente en moyenne 0,45% de l’emprunt pour les profils de 45 ans, sans compter les autres frais, le TAEG dépasse rapidement celui de l’usure !

Une situation qui touche en particulier les 30-55 ans (51% des cas) et les projets d’achats de résidence principale (71%), et qui est prise très au sérieux par l’Afib qui craint que « tout l’écosystème de l’immobilier, toutes les professions et les salariés, soient impactés par ce problème de taux de l’usure si on n’y remédie pas rapidement », a prévenu son président Jérôme Cusanno, invité de France Info, mardi 16 août.

Réformer le calcul du taux d'usure

Pour donner un peu d’air aux ménages, l’Afib propose de refondre le mode de calcul du taux d’usure, qui se base sur les taux d’intérêt du trimestre précédent (leur moyenne, augmentée d’un tiers) et qui est donc un indice en décalage avec la situation actuelle du marché – qui a vu les taux d’intérêt bondir en quelques semaines à peine.

Sortir l’assurance emprunteur du calcul du TAEG, ce qui aurait pour conséquence de le baisser fortement (dans certains cas, de le diviser par deux), est une autre solution proposée par l’Afib.

Pour l’heure, l’Afib conseille de prendre son mal en patience. Les ménages ont tout intérêt à reporter de quelques mois leurs projets immobiliers s’ils ne veulent pas risquer des refus de prêt. Le prochain taux de l’usure, fixé en octobre 2022, sera un peu plus élevé, et si celui des emprunts immobiliers ne devrait pas s’assagir, la période d’automne est toujours plus propice pour les emprunteurs : à la négociation individuelle, les établissements bancaires se montrent souvent plus cléments afin de remplir leurs objectifs commerciaux annuels…

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