Des espoirs et des craintes pour la poursuite des aides au logement

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LCA-FFB, qui fédère un millier de constructeurs de maisons, aménageurs et promoteurs, plaide toujours pour un rétablissement de l’APL accession et espère aussi une poursuite du PTZ en zones B2 et C après 2019...

Maisons Barberousse

L’heure du premier bilan approche pour les conséquences de la réduction des aides à l’accession sur les ventes de logements neufs. 2018 a en effet vu disparaître l’APL accession dans le neuf et l’enveloppe du PTZ divisée par deux dans les zones B2 et C (60% des PTZ sont distribués dans ces zones périurbaines et rurales). Deux évolutions qui ont directement affecté les primo-accédants avec un effet couperet pour les ménages modestes qui ne sont plus finançables.

-25% de PTZ

D’après les projections du Crédit Foncier, le nombre de PTZ distribués cette année devrait baisser de 25% à 93.000 (123.000 en 2017). L’union syndicale des constructeurs et aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment (LCA-FFB), estime ainsi à 30.000 le nombre de projets de logements neufs qui ne se réaliseront pas cette année. Globalement, le secteur de la maison individuelle sera le plus impacté. A l’occasion d’un séminaire technique organisé du 22 au 24 novembre à Athènes, Patrick Vandromme, président de LCA-FFB et PDG de Maisons France Confort, a d’ailleurs revu en baisse sa prévision de ventes 2018 autour de 115.000 maisons sur le territoire national, soit au moins 15% de baisse par rapport à 2017.

Point d’étape attendu

Avec ce constat se pose maintenant la question de savoir si 2019 sera la dernière année avec un PTZ en zones B2 et C. L’ancien ministre en charge du logement, Jacques Mézard, avait quand même admis qu’il faudrait faire un point d’étape en 2019 avant que le PTZ en B2 et C ne soit arrêté comme prévu initialement. « Si tel était le cas, il serait illusoire de croire que cela n’aura pas des conséquences supplémentaires », prévient le président de la FFB, Jacques Chanut.

Encore de l’espoir

LCA-FFB, qui fédère un millier de constructeurs de maisons, aménageurs et promoteurs, plaide toujours pour un rétablissement de l’APL accession et espère aussi une poursuite du PTZ en zones B2 et C après la fin 2019, date butoir pour l’instant fixée par le gouvernement pour ce dispositif qui pourrait pourtant s’avérer encore plus indispensable aux ménages modestes dans la perspective d’une remontée inéluctable des taux d’emprunts d’ici 1 à 2 ans. Patrick Vandromme indique au passage que les zones B2 et C couvrent pas moins de 24.000 communes. « Nous avons bon espoir d’être entendus, même si je le dis avec prudence », a confié Jacques Chanut à Athènes le week-end dernier.

Ne pas freiner l’élan

Jacques Chanut rappelle que la loi ELAN, qui vient d’être promulguée le 24 novembre, va mettre plusieurs années à véritablement produire ses effets sur l’offre de logement. Il estime ainsi que dans cette attente, il ne faut pas diminuer les aides à l’acquisition sous peine de déséquilibrer davantage le marché du logement neuf. Le président de la FFB apprécie cependant la vision stratégique du nouveau ministre de la ville et du logement, Julien Denormandie, mais regrette une ligne parfois trop budgétaire de la politique du logement (notamment sur l’APL accession, le PTZ ou la réduction du champ d’application du crédit d’impôt sur la transition énergétique).

Un "Denormandie" dans l’ancien

La récente annonce d’une nouvelle aide fiscale pour la rénovation de logements anciens en centre-ville est jugée comme une bonne mesure complémentaire au Pinel dans le neuf mais Jacques Chanut souligne qu’elle ne concerne que les investisseurs et ne peut donc pas remplacer le PTZ. Sur le sujet de la rénovation, il demande toujours un retour de l’éligibilité des fenêtres au crédit d’impôt (CITE).

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