De plus en plus de nuages à l’horizon pour le marché immobilier français

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Le courtier en prêts immobiliers Artémis courtage observe un vent de pessimisme alors que les taux d’emprunt vont continuer d’augmenter…

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Après une année 2021 euphorique, le marché immobilier est progressivement rattrapé par une série d’éléments adverses qui plombent le moral des Français. Pouvoir d’achat en berne, inquiétudes liées à la guerre en Ukraine, remontée des taux d’emprunt et prix immobiliers très hauts sont autant de facteurs qui rendent les acquéreurs beaucoup plus pessimistes. Le courtier en prêts immobiliers Artémis courtage vient de le mesurer avec la sixième vague de son baromètre réalisé avec l’institut OpinionWay. D’après cette étude menée les 9 et 10 mars derniers auprès d’un échantillon de 1.073 personnes, 55% d'entre elles se déclarent pessimistes au sujet de la situation économique du marché immobilier. La tendance à l’optimisme observée lors la précédente vague de cette enquête en septembre 2021 est ainsi stoppée net et chute au niveau observé en novembre 2020 en pleine deuxième vague épidémique.

Des prix trop hauts ?

Le prix de l’immobilier est considéré de loin comme le frein le plus important par les non-propriétaires (43%, soit une augmentation de 5 points depuis septembre dernier). Les crédits immobiliers paraissent plus que jamais difficiles d’accès : 77% des Français sont conscients que les taux augmentent. Par ailleurs, 30% des personnes interrogées citent l’apport insuffisant et 22% la baisse du pouvoir d’achat due à l’inflation comme autres freins à l’accès à la propriété. L’étude révèle également une forte hausse du nombre de personnes qui déclarent ne pas souhaiter devenir propriétaire (25% contre 17% en septembre 2021).

« Malgré un début d’année prometteur sur le marché immobilier, depuis le 24 février 2022, la guerre menée par la Russie en Ukraine souffle un vent de pessimisme sur le marché de l’immobilier hexagonal et plus largement sur la situation économique de la France. En effet, cette nouvelle étude révèle que 73% des Français sont pessimistes sur la situation économique de la France, un sentiment en progression de 9 points par rapport à septembre 2021 et une majorité de Français estime la situation actuelle comme défavorable pour emprunter. Les Français, déjà préoccupés par leur pouvoir d’achat, redoutent une flambée des prix immobiliers, déjà élevés, ainsi que des difficultés accrues d’accès aux crédits immobiliers », analyse Ludovic Huzieux, co-fondateur d’Artémis courtage.

Activité plus calme

Ludovic Huzieux confirme au passage que l’activité dans les agences Artémis courtage est actuellement calme pour une période de début de printemps traditionnellement porteuse pour les transactions immobilières. Les clients plébiscitent pourtant le recours à un courtier en estimant qu’ils auront ainsi de meilleures chances d’obtenir un prêt. Face à la remontée des taux et aux conditions d’octroi des crédits désormais très strictes, Artémis courtage s’attend d’ailleurs à voir son rôle évoluer encore davantage vers la recherche d’une solution personnalisée de financement plutôt que de prospection des meilleurs taux. « L’accompagnement personnalisé par un courtier s’avère aujourd’hui, plus que jamais, nécessaire pour financer de manière optimale un projet immobilier, mais également pour faciliter le recours à une assurance emprunteur extérieure », estime Ludovic Huzieux. Pour les secundo-accédants, l’expertise du courtier permet notamment de faciliter la mise en place de prêt-relais.

Nouvelles hausses de taux en avril

Après un mois de mars où la remontée des taux proposés par les banques a été généralisée et brutale (parfois en deux temps et jusqu’à 40 points de base pour certains établissements), Ludovic Huzieux s’attend à de nouvelles augmentations en avril. Certaines banques ont en effet prévenu qu’elles vont continuer à répercuter la hausse des taux obligataires qui reste un indicateur de leur refinancement à moyen terme.

Depuis le début février, les OAT 10 ans ont vu leur rendement doubler pour se rapprocher aujourd’hui de 1%, un plus haut depuis 4 ans. Difficile donc pour les banques de ne pas répercuter une partie de cette hausse afin de préserver leurs marges même si elles s’efforcent aussi de rester compétitives. Ludovic Huzieux ne cache pas que cette remontée va mécaniquement exclure davantage d’emprunteurs dépassant un taux d’endettement de 35% lorsqu'ils n'ont pas la possibilité d'allonger davantage la durée de leur prêt (maximum 25 ans dans l'ancien) ou de mobiliser un apport supplémentaire. C'est en particulier le cas des primo-accédants dont la part a déjà nettement reculé dans le réseau Artémis.

a savoir

Il est par exemple devenu quasiment impossible de se financer à moins de 1% sur 20 ans même pour les emprunteurs à très hauts revenus. Pour les moins bons profils, les taux sont en train de remonter vers les 2% dans certaines banques pour les durées supérieures à 20 ans.

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